Yossi Pollak, acteur et metteur en scène israélien, est décédé à 81 ans

L’acteur et metteur en scène israélien Yossi Pollak est décédé à l’âge de 81 ans. Figure marquante du théâtre et du cinéma du pays pendant plus de cinq décennies, il laisse derrière lui une empreinte indélébile sur la culture locale et des rôles marquants sur les planches comme à l’écran.

Le monde de la culture israélienne est en deuil après l’annonce de la disparition de Yossi Pollak, survenue à l’âge de 81 ans. Acteur prolifique, il s’était imposé au fil des décennies comme l’une des figures les plus respectées de la scène artistique nationale. Sa voix rocailleuse et son refus constant des compromis artistiques ont forgé une carrière jalonnée de rôles mémorables dans les institutions théâtrales les plus prestigieuses du pays, ainsi que dans de nombreux films et fictions télévisées.

Les débuts artistiques et l’empreinte de Nissim Aloni

Après avoir fait ses classes de comédien au sein de l’école Beit Zvi, il a rapidement croisé la route du grand dramaturge et metteur en scène Nissim Aloni, qu’il considérait comme son véritable mentor. En 1969, il fait ses débuts remarqués dans la pièce Doda Liza au Théâtre Habima, avant d’enchaîner avec d’autres œuvres majeures de la scène locale.

Au cours de sa longue carrière, Pollak a foulé les planches des théâtres les plus importants d’Israël, incluant le Théâtre national Habima, le Théâtre Cameri, le Théâtre de Haïfa, le Théâtre Beit Lessin et le Théâtre HaKhan. Parmi ses interprétations les plus acclamées figurent des classiques de premier plan, de Othello au Roi Lear, en passant par Des souris et des hommes et Je ne suis pas Rappaport, un rôle qui lui a valu le prestigieux prix du meilleur acteur de l’année. En tant que metteur en scène, il a également signé des relectures percutantes de pièces exigeantes telles que Fin de partie de Samuel Beckett.

Du grand écran à la télévision et aux hommages des institutions

La présence magnétique de Yossi Pollak n’a pas tardé à séduire le cinéma. Dès le début des années 1970, il s’est imposé dans le paysage cinématographique israélien en jouant dans des longs métrages notables, dont La Maison de la rue Chelouche du réalisateur Moshé Mizrahi, un film qui avait notamment été sélectionné pour représenter Israël aux Oscars. Ses collaborations cinématographiques se sont poursuivies à travers les décennies dans des productions variées, allant des films de divertissement aux drames d’auteur.

Yossi Pollak, acteur et metteur en scène israélien, est décédé à 81 ans
Photo: 13TV
Yossi Pollak, acteur et metteur en scène israélien, est décédé à 81 ans
Photo: MAKO

À la télévision, les téléspectateurs se souviennent particulièrement de sa composition marquante dans la mini-série Nivaltim, adaptée du roman de Yoram Kaniuk et diffusée au début des années 2010, où il partageait l’écran avec Yehoram Gaon. Ses engagements politiques tranchés, exprimés au fil des ans sans filtre vis-à-vis de l’establishment, ont également forgé son image d’artiste indépendant et contestataire.

Le Théâtre national Habima s’incline et pleure la disparition de l’acteur et créateur Yossi Pollak, l’un des comédiens de théâtre les plus éminents qui a marqué le monde de la culture en Israël. La direction du Théâtre Habima, via Ma’ariv

Les hommages n’ont pas tardé à affluer de la part des plus grandes institutions culturelles du pays.

Une retraite anticipée choisie avec rigueur

Fidèle à sa rigueur intellectuelle, Yossi Pollak avait choisi de se retirer de la scène de son propre chef bien avant que l’âge ou la santé ne le lui imposent. Dans des entretiens accordés ces dernières années, il avait confié avoir observé par le passé la frustration de figures aînées du milieu artistique qui luttaient pour conserver leur place sous les feux de la rampe. Préférant quitter le métier au sommet, il avait estimé avoir déjà réalisé tous ses rêves professionnels, s’épargnant ainsi l’amertume d’un déclin subi.

Yossi Pollak, acteur et metteur en scène israélien, est décédé à 81 ans
Photo: Haaretz

Il laisse dans le deuil sa seconde épouse, Tami, ainsi que ses cinq enfants issus de ses différents unions, parmi lesquels le réalisateur et scénariste Shai Carmeli-Pollak, l’acteur et danseur Avshalom Pollak et le militant politique Jonathan Pollak. Sa disparition referme un chapitre important de l’histoire du théâtre israélien, marquant la fin du parcours d’un créateur qui aura façonné les lettres de noblesse de la scène dramatique locale.

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