Home NouvellesWest Bank : Israël accélère l’annexion et risque une crise majeure

West Bank : Israël accélère l’annexion et risque une crise majeure

Cisaille sur la Cisjordanie : Israël accélère l’annexion de facto, menaçant une nouvelle escalade

Ramallah, Cisjordanie – L’attention internationale focalisée sur Gaza et les tensions avec l’Iran masque une crise grandissante en Cisjordanie, où le gouvernement israélien met en œuvre une politique de facto d’annexion, fragilisant l’Autorité palestinienne (AP) et augmentant le risque d’une nouvelle flambée de violence. Des mesures récentes, approuvées en février, officialisent une stratégie de plus en plus agressive visant à contrôler le territoire palestinien et à enterrer toute perspective d’un État palestinien viable.

Depuis le 7 octobre 2023 et l’offensive israélienne à Gaza, la pression sur l’AP s’est intensifiée. Israël a renforcé sa présence militaire, accéléré l’approbation de constructions de colonies juives et légalisé rétroactivement des avant-postes illégaux. Les violences perpétrées par des colons israéliens contre les Palestiniens sont devenues quasi quotidiennes, avec une augmentation de 27% des incidents entre 2024 et 2025, selon les chiffres de l’armée israélienne et des services de sécurité Shin Bet. Les actes de terrorisme commis par des colons ont même dépassé ceux des Palestiniens contre les Israéliens, une première historique.

Un plan délibéré pour « tuer l’idée d’un État palestinien »

Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, figure de proue de la droite nationaliste religieuse, a clairement exprimé l’objectif de cette politique : « tuer l’idée d’un État palestinien ». Smotrich, qui occupe également un poste au sein du ministère de la Défense, est à l’origine d’un plan détaillé, le « Plan Décisif », datant de 2017, qui préconise la création de « faits irréversibles sur le terrain » pour empêcher la création d’un État palestinien et forcer les Palestiniens à accepter un statut subordonné ou à quitter la Cisjordanie.

Ces mesures ne se limitent pas à l’expansion des colonies. Israël modifie activement la géographie de la Cisjordanie en créant des corridors de contrôle reliant les colonies, construisant des routes de contournement et modifiant les plans d’urbanisme. Le projet E1, visant à relier Jérusalem-Est à la colonie de Maale Adumim, est un exemple flagrant de cette stratégie, menaçant de couper la Cisjordanie en deux.

L’Autorité palestinienne au bord de l’effondrement

L’affaiblissement de l’AP est une conséquence directe de cette politique. Israël a ralenti l’approbation des projets de construction palestiniens et restreint l’accès des Palestiniens au marché du travail israélien. Surtout, Israël a suspendu le transfert des taxes et des droits de douane collectés pour le compte de l’AP depuis mai 2025, plongeant l’autorité dans une crise financière profonde.

L’AP est désormais incapable de payer intégralement les salaires de ses fonctionnaires et de ses retraités, et a dû réduire les services publics essentiels, comme l’éducation et la santé. Cette situation pourrait conduire à un effondrement de l’AP dans les mois à venir, mettant fin à la coopération sécuritaire avec Israël qui, jusqu’à présent, a permis de prévenir une insurrection généralisée.

Ramadan : un point de bascule potentiel

L’escalade de la tension coïncide avec l’approche du Ramadan, une période traditionnellement sensible autour de l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est (connue sous le nom de Mont du Temple pour les Juifs). Des changements dans les règles d’engagement de la police israélienne, qui assouplissent les restrictions sur les comportements provocateurs, combinés à l’absence de médiation internationale efficace, augmentent le risque d’incidents qui pourraient déclencher des troubles plus larges.

Les enjeux pour la stabilité régionale

L’instabilité en Cisjordanie a des implications bien au-delà du conflit israélo-palestinien. Un effondrement de l’AP compromettrait les efforts de stabilisation de la région, notamment à Gaza, où l’AP est censée reprendre le pouvoir après la fin du conflit. Cela pourrait également isoler davantage Israël sur la scène internationale et l’obliger à assumer les responsabilités de la gouvernance civile en Cisjordanie, une perspective que le Premier ministre Benjamin Netanyahu tente d’éviter.

Washington et les partenaires arabes doivent agir

Pour éviter une nouvelle escalade, une intervention urgente est nécessaire. Les États-Unis, en particulier, ont un rôle crucial à jouer en exerçant une pression sur Israël pour qu’il arrête sa politique d’annexion de facto. Cela passe par la restauration des transferts de revenus à l’AP, l’arrêt des législations anti-palestiniennes et l’application des lois israéliennes contre les colons violents.

Les partenaires arabes d’Israël, notamment les Émirats arabes unis et le Maroc, doivent également utiliser leur influence pour inciter Israël à modérer sa politique. Une solution durable passe par une réforme de l’AP, avec un soutien financier et politique accru de la communauté internationale.

La situation actuelle est un point de non-retour. Si l’annexion de facto se poursuit, les chances d’une nouvelle intifada augmenteront, entraînant une spirale de violence et de désespoir. La communauté internationale doit agir maintenant pour préserver la possibilité d’une solution pacifique et durable au conflit israélo-palestinien.

[Intégration potentielle d’un tweet récent d’un responsable américain sur la situation en Cisjordanie – à insérer ici si pertinent]

[Intégration potentielle d’une vidéo YouTube d’une organisation de défense des droits de l’homme documentant les violences des colons – à insérer ici si pertinent]

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.