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Von der Leyen : Revirement sur l’ordre mondial

by Elodie Martin

Ursula von der Leyen ajuste le ton face aux critiques sur l’ordre mondial

STRASBOURG, France – La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a nuancé mercredi ses récentes déclarations sur la fin de l’ordre mondial basé sur des règles, après une vague de critiques en provenance de plusieurs capitales européennes, dont Madrid et Paris, ainsi que du Parlement européen.

Mardi, lors d’une rencontre avec des ambassadeurs de l’UE, von der Leyen avait affirmé que l’Europe ne pouvait plus être « la gardienne du vieil ordre mondial, d’un monde qui a disparu ». Des propos qui avaient suscité de vives réactions, notamment concernant son alignement perçu avec Washington et Israël, particulièrement dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Mercredi, face aux eurodéputés, elle a réaffirmé « l’engagement inébranlable » de l’Union européenne envers le droit international et la Charte des Nations Unies. « Permettez-moi de souligner un point important : voir le monde tel qu’il est ne diminue en rien notre détermination à nous battre pour le monde que nous voulons », a-t-elle déclaré, alors que le débat portait sur la situation au Moyen-Orient suite aux attaques américaines et israéliennes contre l’Iran et à la réponse de Téhéran.

Cette volte-face intervient après les divergences exprimées par le président du Conseil européen, António Costa, qui avait défendu la veille la nécessité pour l’UE de continuer à défendre et à respecter les normes internationales. « Nous devons défendre l’ordre international basé sur des règles. Nous devons défendre les principes consacrés dans la Charte des Nations Unies, tels qu’ils sont décrits dans nos traités », avait-il déclaré.

Malgré cette clarification, l’intervention de von der Leyen devant le Parlement européen a suscité peu d’enthousiasme. Des critiques ont fusé, notamment de la part de la chef du groupe Socialistes et Démocrates (S&D), Iratxe García, qui a dénoncé une « complaisance » envers Washington et Israël. « Le problème n’est pas si l’ordre mondial est vieux ou nouveau. Le problème est qui permet qu’il soit violé. Et quand l’Europe répond avec complaisance, avec un apaisement et avec une vassalité humiliante, ce qu’elle fait, c’est ouvrir la porte aux autocrates comme Trump ou Netanyahu pour qu’ils le piétinent sans conséquences », a-t-elle affirmé. La présidente des libéraux de Renew, Valérie Hayer, a également souligné la nécessité pour l’Europe de « se faire respecter » et de réaffirmer son engagement envers le droit international.

L’évolution de la position de von der Leyen met en lumière les profondes divisions internes au sein de l’UE sur la manière de répondre aux défis géopolitiques actuels et sur le rôle que l’Europe doit jouer sur la scène internationale.

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