Home Nouvelles

Harriet Hageman accusée de mensonges sur Charlottesville et le SPLC

Harriet Hageman accusée de mensonges sur Charlottesville et le SPLC

by Elodie Martin

Le représentant républicain Harriet Hageman accusée de mensonges sur Charlottesville : une polémique qui divise

Washington, 4 mai 2026 — La représentante républicaine Harriet Hageman (R-Wyoming), figure montante du parti au Congrès, a été violemment critiquée ce week-end après avoir tenu des propos jugés mensongers sur le rôle du Southern Poverty Law Center (SPLC) dans les événements violents de Charlottesville en 2017, lors desquels la jeune militante Heather Heyer avait trouvé la mort.

Dans une intervention sur un podcast, puis confirmée sur le réseau social X (ex-Twitter), Hageman a affirmé que le SPLC, organisation de défense des droits civiques, aurait « financé et organisé » la manifestation « Unite the Right », avant d’ajouter : « Ils ont payé 270 000 dollars à l’homme qui a tué Heather Heyer ». Ces allégations, largement relayées par des comptes conservateurs, ont suscité une vague d’indignation parmi les observateurs politiques et les médias.


Un procès en fraude contre le SPLC, mais pas de lien avec Charlottesville

L’accusation portée contre le SPLC par le Département de la Justice, sous l’administration Trump, est bien réelle : l’organisation a été formellement inculpée le 21 avril 2026 pour 11 chefs de fraude bancaire et de filatures, selon les documents judiciaires consultés. L’indictement, rendu public par le U.S. Attorney’s Office for the Middle District of Alabama, accuse le SPLC d’avoir détourné des fonds de donateurs pour financer secrètement des informateurs infiltrés dans des groupes d’extrême droite, sans en informer les bailleurs de fonds.

From Instagram — related to Unite the Right

Cependant, aucune preuve ne lie le SPLC à l’organisation ou au financement de la marche de Charlottesville. Les investigations officielles, dont le rapport indépendant de Hunton & Williams (2017), confirment que « Unite the Right » était une initiative exclusivement portée par des groupes d’extrême droite, dont Jason Kessler, un militant connu pour ses positions racistes. Le rapport souligne que les organisateurs avaient recueilli des fonds via PayPal et des dons privés, sans intervention du SPLC.

« Le SPLC a toujours nié avoir joué un rôle dans cette manifestation. Ses missions consistent à documenter et combattre les groupes haineux, pas à les financer », rappelle un porte-parole de l’organisation.


Une polémique qui révèle les divisions du parti républicain

Les réactions à la déclaration de Hageman ont été sans appel. Sur X, plusieurs figures politiques et intellectuels ont dénoncé des « mensonges dégueulasses » :

  • Fred Wellman, candidat démocrate au Missouri, a tweeté : « Mon beau-fils était garde national, terrorisé par sa vie, et ce sont les nazis et les racistes qui ont organisé [la marche]. Quelle femme dégoûtante. »
  • Norman Ornstein, politologue, a qualifié Hageman de « lunatique », soulignant que « le Wyoming a une honte de l’avoir élue à la place de Liz Cheney ».
  • David Gaines, compositeur, a ironisé : « C’est le génie qui a remplacé Liz Cheney à la Chambre. »

Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large : Hageman, soutenue par Donald Trump et John Barrasso (R-Wyoming), est en lice pour un siège au Sénat en 2026. Ses propos, perçus comme une stratégie de polarisation, pourraient affaiblir son image auprès des modérés du parti.

« Ses déclarations relèvent davantage de la propagande que de la vérification des faits », analyse Almanac of American Politics, qui suit de près les dynamiques internes au GOP.


Charlottesville, trois ans après : un symbole toujours brûlant

Le 12 août 2017, la marche « Unite the Right » avait dégénéré en violences, faisant un mort (Heather Heyer) et des dizaines de blessés. Le conducteur, James Alex Fields Jr., avait été condamné à 63 ans de prison pour homicide volontaire. Les enquêtes ont révélé que les organisateurs avaient planifié l’événement pendant des mois, avec des appels à la violence explicites sur des plateformes comme Discord.

« Il n’y a aucune preuve que le SPLC ait financé ou organisé cet événement », confirme Unicorn Riot, un collectif de journalistes ayant documenté les préparatifs de la marche. « Les fonds provenaient de dons privés et de groupes comme le Ku Klux Klan et les néonazis. »

Pourtant, Hageman persiste dans ses affirmations, comme en témoigne ce tweet du 3 mai 2026 :

*« La marche de Charlottesville n’était pas une protestation de droite. C’était une opération du SPLC. Ils ont financé, organisé, puis accusé [Donald Trump] pour cela. »*
Rep. Harriet Hageman (@RepHageman)


Une stratégie politique risquée pour une élue ambitieuse

Harriet Hageman, avocate de formation et ancienne membre du Republican National Committee, mise sur un discours anti-élites et anti-ONG, cher à la base trumpiste. Son profil, marqué par des attaques répétées contre les médias et les organisations progressistes, en fait une figure controversée au sein même du parti.

« Ses propos sur Charlottesville s’inscrivent dans une rhétorique plus large visant à discréditer les organisations de défense des droits civiques », explique Ballotpedia, qui suit sa campagne sénatoriale. « Mais cette fois, elle a franchi une ligne rouge en accusant directement une victime de complotisme. »

Avec plus de 60 % des Wyomingiens se déclarant conservateurs, Hageman reste une candidate sérieuse pour le Sénat. Pourtant, ses déclarations récentes pourraient aliéner les électeurs indécis, d’autant que les enquêtes judiciaires en cours sur le SPLC ne confirment aucun lien avec l’attentat de Charlottesville.


Pour aller plus loin :

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.