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Violence femmes UE : 1/3 victimes, peu de signalements

BRUXELLES (Reuters) – Une femme sur trois dans l’Union européenne est victime de violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie, mais la majorité de ces agressions ne sont jamais signalées, révèle une enquête publiée ce mardi.

L’étude, menée par l’Agence de l’UE pour les droits fondamentaux (FRA) et l’Institut européen pour l’égalité des genres (EIGE), indique que seulement 11,3 % des femmes déclarent à la police des agressions physiques ou sexuelles commises par des personnes non-partenaires, et à peine 6,1 % signalent les violences exercées par leur conjoint.

La honte, le sentiment de culpabilité, la peur et la méfiance envers les forces de l’ordre sont autant de raisons invoquées pour expliquer ce silence. Un manque d’information ou d’accès aux services de soutien contribue également à ce phénomène.

Environ 30,7 % des femmes de l’UE ont déclaré avoir subi des violences, un chiffre légèrement inférieur aux 33 % enregistrés lors de la première enquête de ce type en 2012. L’étude met également en lumière d’autres formes d’abus répandues, notamment les violences psychologiques, économiques et en ligne.

« La violence à l’égard des femmes est une violation des droits fondamentaux », a déclaré Sirpa Rautio, directrice de la FRA. « Les États membres ont des obligations claires en matière de prévention des violences, de protection des victimes et de garantie de l’accès à la justice, et ces résultats montrent qu’il reste encore beaucoup de travail à faire. »

Le « paradoxe nordique »

Les taux de prévalence varient considérablement d’un pays à l’autre, allant de 57,1 % en Finlande à 11,9 % en Bulgarie. Les pays nordiques, réputés pour leur égalité des genres, affichent également des niveaux élevés de violence, avec 52,5 % des femmes victimes en Suède et 47,5 % au Danemark. Les pays du sud, où l’égalité est moins prononcée, présentent des dynamiques de signalement plus complexes.

Cette disparité, qualifiée de « paradoxe nordique » par les chercheurs, pourrait refléter des variations réelles dans les expériences des femmes, ou des différences de comportement en matière de signalement et des perceptions divergentes de la violence liées aux relations sexuelles entre les pays. La première enquête de la FRA sur les violences faites aux femmes dans l’UE, en 2012, avait déjà mis en évidence ce paradoxe.

L’étude s’appuie sur des entretiens avec près de 115 000 femmes âgées de 18 à 74 ans, réalisés entre septembre 2020 et mars 2024.

La Commission européenne s’est dite préoccupée par les conclusions de l’enquête. « L’ampleur des violences non signalées montre que les systèmes doivent être améliorés et que les victimes doivent être soutenues », a-t-elle déclaré, ajoutant que la lutte contre les violences faites aux femmes et les violences domestiques est « une priorité essentielle pour l’UE ».

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