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Venezuela : Opposant remmis en résidence surveillée après sa libération

Venezuela ré-arrête un allié de l’opposition peu après sa libération, soulevant des inquiétudes sur les réformes démocratiques

CARACAS, Venezuela – Un proche collaborateur de la figure de l’opposition vénézuélienne Maria Corina Machado a été placé en résidence surveillée mardi, quelques heures seulement après sa libération de prison avec d’autres dissidents emprisonnés sous l’ancien régime de Nicolás Maduro. La ré-arrestation de Juan Pablo Guanipa, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, a suscité une vague de critiques et alimenté les doutes sur l’engagement du gouvernement actuel envers des réformes démocratiques significatives.

Guanipa, 61 ans, avait été libéré dimanche après plus de huit mois de détention pour des accusations vagues, notamment « terrorisme », blanchiment d’argent et incitation à la violence – des charges fréquemment utilisées pour cibler les critiques du gouvernement. Sa libération faisait partie d’un accord négocié par Delcy Rodriguez, qui a pris la relève de Maduro après son renversement lors d’un raid militaire américain en janvier.

Pendant les quelques heures de liberté retrouvée, Guanipa a rencontré des familles d’autres prisonniers politiques, a participé à un défilé à moto dans les rues de Caracas et a exigé de nouvelles élections devant la tristement célèbre prison Helicoide.

Cependant, les espoirs d’une libération durable ont été de courte durée. Les procureurs ont justifié sa ré-arrestation par une violation des conditions de sa libération conditionnelle, une explication que Machado a dénoncée comme un « enlèvement ». La ré-arrestation a également suscité la réaction des États-Unis, une membre du Congrès avertissant de « graves conséquences » si quelque chose arrivait à Guanipa.

Son fils, Ramon Guanipa, a annoncé sur X (anciennement Twitter) que son père était désormais en résidence surveillée à Maracaibo, dans le nord-ouest du Venezuela, tout en remerciant les États-Unis pour leur soutien à la liberté au Venezuela. « Mon père reste injustement emprisonné, car la résidence surveillée est toujours une forme d’emprisonnement », a-t-il écrit.

La situation de Guanipa intervient alors que le Parlement vénézuélien se prépare à voter sur un projet de loi d’amnistie visant à gracier les prisonniers politiques et ceux qui les ont emprisonnés au cours des 27 dernières années sous Maduro et son prédécesseur, Hugo Chavez. L’adoption de cette loi est considérée comme un test crucial de l’engagement du gouvernement envers la réconciliation et la réforme démocratique.

Selon l’ONG Foro Penal, 426 personnes ont été libérées depuis le début des libérations de prisonniers après le renversement de Maduro. Cependant, des proches de centaines de dissidents toujours incarcérés estiment que ces libérations sont trop lentes et trop limitées.

Mardi, environ 40 membres de familles de prisonniers politiques ont manifesté devant le bâtiment de l’Assemblée nationale, scandant « Amnistie maintenant ! » et « Ils ne sont pas des criminels, ils sont tous innocents ».

Andreina Baduel, à la tête du Comité pour la liberté des prisonniers politiques (Clippve), a exprimé sa frustration face au report du vote de mardi, affirmant qu’il ne faisait que « prolonger la douleur des victimes ». Elle a également dénoncé la persistance du « terrorisme d’État » au Venezuela, citant la ré-arrestation de Guanipa. Baduel, dont le père, un ancien ministre de la Défense, est décédé en prison en 2021, et dont le frère est également emprisonné pour « terrorisme », a souligné que le projet de loi ne garantissait pas la justice.

Le gouvernement de Rodriguez a cherché à améliorer les relations avec les États-Unis, notamment en accordant l’accès aux vastes réserves pétrolières du Venezuela et en libérant des prisonniers politiques. Cependant, la ré-arrestation de Guanipa soulève des questions sur la sincérité de ces efforts et la capacité du gouvernement à mener à bien des réformes démocratiques significatives.

L’affaire Guanipa est également susceptible d’influencer la décision de Maria Corina Machado de rentrer ou non en exil aux États-Unis. Sa détermination à défier le gouvernement et à lutter pour la démocratie au Venezuela reste inébranlable, mais les récents événements soulignent les risques importants auxquels elle et ses partisans sont confrontés.

Intégration potentielle d’un tweet de Maria Corina Machado sur la situation

Intégration potentielle d’une vidéo de France 24 sur les manifestations

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