Des chercheurs de l’Université de Sydney ont mis au point le premier système de classification et la première carte globale des sols martiens, classant près de 800 millions d’emplacements en 2 000 types distincts. Publiée le 7 octobre 2026 dans la revue CATENA, cette avancée offre une base scientifique pour identifier de futurs sites d’exploration et de culture sous serre.
L’exploration de la planète rouge franchit un cap cartographique majeur. Une équipe menée par Daniel Irving, doctorant à l’Université de Sydney, vient combler une lacune de longue date en regroupant les données de près de 800 millions de pixels planétaires.
Le système PPACS et la nomenclature des areths martiens
La nouvelle structure s’appelle le Provisional Polythetic Areth Classification System, ou PPACS. Elle introduit le terme d’« areths » pour désigner les classes de sols martiens, en référence directe à Arès, le nom grec de Mars. La méthode associe texture, minéralogie, pH et profile thickness — c’est-à-dire la profondeur de la couche de sol.
Cette hiérarchie s’articule sur trois niveaux emboîtés : 10 grands royaumes, 100 assemblages et 2 000 formes terminales. En combinant des observations orbitales et des modèles numériques, la carte couvre 92 pour cent de la surface martienne.

Daniel Irving a déclaré : Les scientifiques ont déjà cartographié la géologie, la minéralogie et la chimie de Mars, mais notre système rassemble de multiples propriétés au sein d’un cadre unique, nous aidant à comprendre comment les différents sols martiens interagissent entre eux et où ils se trouvent.
Nohibareth et le défi de l’agriculture sous serre
L’équipe a évalué l’ensemble des 2 000 classes selon cinq critères indispensables à la production végétale : la capacité de rétention en eau, le pH, l’épaisseur du profil, la teneur en argile et la proportion de graviers. Baptisé Nohibareth, un profil théorique affiche un score de 0,93 sur une échelle de zéro à un.
Il présente un pH neutre de 6,8, est composé de 72 pour cent d’argile, contient très peu de sable ou de gravier et possède une capacité de rétention d’eau estimée à 202 millimètres par mètre. Ces terres se trouvent sur 0,14 pour cent de la surface de Mars, principalement dans les latitudes moyennes.
Le professeur Alex McBratney a indiqué : Une future serre sur Mars aurait besoin de bien plus que d’air, d’eau et de lumière. Ses constructeurs auraient également besoin de savoir ce qui se cache sous la surface pour mieux comprendre les points de départ propices à la culture de plantes.

Les chercheurs rappellent que ces zones constituent seulement des pistes d’investigation et non des sites agricoles prêts à l’emploi. L’eau reste le facteur limitant par excellence : la capacité de rétention s’est avérée insuffisante dans 73 pour cent des formes évaluées, et toutes les classes situées entre les royaumes Fareth et Mareth ont obtenu des scores inférieurs à 0,3 lors de cette première évaluation agronomique.
En outre, le sol martien demeure dépourvu de matière organique et nécessite des traitements contre la toxicité des perchlorates et le manque d’azote.
Perspectives pour les déserts terrestres et la suite des recherches
Les équipes prévoient de reconstituer ou d’obtenir des mélanges de substrats similaires en laboratoire pour tester des cultures dans des environnements contrôlés, tout en mesurant les besoins en eau et en amendements. Les données des rovers et les futurs échantillons rapportés de Mars permettront ensuite d’ajuster les modèles théoriques.

Le professeur Alex McBratney relève que certaines régions arides et polaires sur Terre fonctionnent avec très peu de matière organique, tout comme les sols martiens modélisés par le système de classification PPACS.
Le professeur Alex McBratney a déclaré : On pense souvent que le sol a besoin de beaucoup de matière organique pour fonctionner, mais il existe des types de sols sur Terre, en particulier dans les régions arides, qui contiennent très peu de matière organique. Ces résultats provenant de Mars nous poussent en réalité à réfléchir plus profondément à ce type de sol sur Terre et à ce que nous pourrions en faire,
Cette avancée a été publiée le 7 octobre 2026 dans la revue CATENA.
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