Les équipes médicales en Ukraine font face à une insécurité croissante alors que les drones russes visent systématiquement les ambulances et les hôpitaux près de la ligne de front, forçant les organisations humanitaires à reculer leurs opérations de secours à trente kilomètres de la zone des combats.
La situation humanitaire le long de la ligne de front en Ukraine se détériore rapidement à mesure que l’utilisation de drones FPV (First Person View) s’intensifie.
Le repli des cliniques mobiles et la rupture des soins de santé
Cette campagne de frappes soutenues isole progressivement les populations civiles résidant à proximité des combats, principalement composées de personnes âgées souffrant de maladies chroniques. Face à cette menace, la police locale est parfois dépêchée en urgence à la place des véhicules sanitaires.
La zone où opèrent les drones ne cesse de s’étendre à mesure que les belligérants développent des engins dotés d’une portée accrue. Les organisations de secours ont donc dû adapter leurs protocoles en éloignant considérablement leurs bases arrière.
Meldrum, MSF, a indiqué qu’il y a deux ans, ils pouvaient s’approcher jusqu’à 5-8 km (3,1-5 miles) de la ligne de front.
L’organisation Médecins Sans Frontières a dû modifier drastiquement ses interventions sur le terrain face à ce péril permanent.
Meldrum, MSF, a ajouté qu’à présent, ils ne se rendent plus nulle part dans un rayon de 30 km et que cette distance ne cesse d’augmenter.
L’organisation a également dû interrompre ses services d’ambulance dans la grande ville de Sloviansk, située dans l’est du pays.
La peur quotidienne des équipes de terrain face aux drones FPV
Pour les équipes médicales qui continuent d’opérer, chaque mission relève de l’épreuve d’endurance psychologique. Lytvynenko et ses collègues surveillent en permanence les réseaux sociaux pour anticiper les menaces imminentes.
Lytvynenko, personnel médical, a témoigné que la situation était vraiment effrayante, qu’à chaque fois qu’ils transportaient un patient à l’hôpital, ils ne faisaient que prier, et que ces drones pouvaient surgir de n’importe où et même traverser les filets anti-drones.
Le sentiment d’insécurité est généralisé parmi les humanitaires, qui estiment que le droit international humanitaire n’est plus pris en compte par les forces russes dans cette zone de conflit.
Meldrum, MSF, a affirmé qu’ils n’avaient pas l’impression d’être protégés dans cet environnement et au vu de la manière dont la Russie menait la guerre, ajoutant qu’ils avaient le sentiment que les règles de la guerre n’étaient pas respectées.
Victimes civiles et frappes contre les véhicules d’urgence à Horlivka
Dans les zones de l’Ukraine occupées par la Russie, de lourds bilans humains ont été rapportés par les responsables locaux.

À Horlivka, une municipalité située dans la partie de la région de Donetsk placée sous contrôle de Moscou, quatre civils ont perdu la vie à la suite d’une frappe de drone ukrainien, d’après les déclarations du maire installé par la Russie, Ivan Prikhodko, relayées par outlookindia.com. Le même édile a ensuite confirmé qu’un autre drone ukrainien avait directement touché un véhicule d’urgence dans la localité, blessant trois secouristes ainsi qu’un autre résident.
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