Uganda Airlines se tourne vers l’ancien patron d’Ethiopian Airlines pour un redressement après des années de pertes
Kampala, Ouganda – L’Ouganda a fait appel à l’expertise de Girma Wake, ancien PDG de la compagnie Ethiopian Airlines, pour aider à redresser Uganda Airlines, en proie à des difficultés financières et opérationnelles depuis sa renaissance en 2019. L’intervention, orchestrée par Andrew Mwenda, un influent journaliste et commentateur politique ougandais, intervient après le limogeage de Jennifer Bamuturaki, PDG de la compagnie aérienne, en février 2026.
La situation de Uganda Airlines s’est rapidement détériorée sous la direction de Bamuturaki, accumulant des pertes considérables. Des enquêtes parlementaires ont révélé des pertes de 324,9 milliards de shillings ougandais (environ 86,4 millions de dollars américains) en 2022/23 et de 237,8 milliards de shillings ougandais (environ 63,3 millions de dollars américains) en 2023/24. Les retards de vols, les avions immobilisés – dont un Airbus A330 bloqué à Lagos et un autre à Londres – et les passagers bloqués sont devenus monnaie courante, suscitant l’indignation du public et des interventions de la police à l’aéroport international d’Entebbe.
Bamuturaki a été confrontée à des accusations de corruption, d’abus de pouvoir et de détournement de fonds, faisant l’objet d’enquêtes de la Direction des enquêtes criminelles de la police ougandaise et de l’Unité anti-corruption de la Maison d’État. Une réunion cruciale en septembre 2025, présidée par le président Yoweri Museveni, a mis en évidence ses lacunes, conduisant à son éviction de la session.
Mwenda, initialement un soutien de Bamuturaki, est devenu un critique virulent face à la détérioration de la compagnie aérienne. Dans une analyse cinglante publiée le 27 janvier 2026, il a qualifié la compagnie aérienne de “désastre”, soulignant des frais de 50 dollars par passager non versés à l’Autorité de l’aviation civile de l’Ouganda (UCAA), totalisant 100 millions de dollars d’arriérés, ce qui risque de provoquer des sanctions de l’OACI et une mise à la terre dans les mois à venir. Il a également dénoncé une planification impossible avec une flotte limitée, des pièces détachées cannibalées malgré des subventions gouvernementales annuelles de 120 milliards de shillings ougandais, et une “communication trompeuse” de Bamuturaki qui a aliéné le personnel et les passagers.
L’influence de Mwenda, un proche conseiller du président Museveni, a été déterminante pour organiser une rencontre de haut niveau avec Wake. Le 4 février 2026, Mwenda a annoncé sur X (anciennement Twitter) la rencontre entre Museveni et Wake, soulignant que ce dernier aiderait à gérer la transition vers une nouvelle direction, qualifiant l’ancienne direction de “corrompue et incompétente”.
Intégrer ici un tweet de Andrew Mwenda annonçant la rencontre avec Girma Wake
Wake, qui a dirigé Ethiopian Airlines de 2004 à 2011, a supervisé une croissance sans précédent et a ensuite présidé son conseil d’administration de 2022 à 2023. Son expertise est perçue comme essentielle pour redresser Uganda Airlines.
L’intervention de Mwenda souligne son influence considérable dans les affaires ougandaises, mêlant journalisme et manœuvres politiques. Bien que le rôle exact de Wake – PDG par intérim ou conseiller – reste à définir, son implication promet d’apporter une expertise pour réduire les pertes et restaurer la crédibilité.
Cependant, les critiques avertissent que sans des réformes structurelles, telles que le renforcement du conseil d’administration et la résolution de la dette, Uganda Airlines risque de répéter les erreurs du passé. La situation de la compagnie aérienne est un exemple frappant des défis auxquels sont confrontées les compagnies aériennes africaines, souvent confrontées à des problèmes de gouvernance, de financement et de concurrence.
Alors que Mwenda exhorte à mettre fin aux querelles et à se concentrer sur des solutions concrètes, l’avenir de Uganda Airlines reste incertain. Cette intervention orchestrée par des réseaux personnels met en lumière la manière dont le changement national est impulsé en Ouganda.
