Révélation : L’histoire méconnue des Sinti et Roms dans la Résistance italienne
Italie – Une lumière nouvelle est jetée sur le rôle crucial, mais longtemps ignoré, des Sinti et Roms dans la lutte contre le fascisme et le nazisme en Italie pendant la Seconde Guerre mondiale. Des témoignages et des recherches historiques révèlent une participation active et courageuse de membres de ces communautés à la Résistance italienne.
Un récit poignant, celui de Giacomo, un combattant Sinto, illustre cette implication. Capturé avec 17 autres personnes en route vers Manghel, il a été libéré par les partisans au col de Turchino. Il a alors choisi de rejoindre leurs rangs, participant à la libération de Gênes et luttant aux côtés des partisans, partageant leurs idéaux. Giacomo était le seul Sinto de sa brigade et a servi de courrier, tout en étant conscient de l’existence d’un autre combattant sinto, un leader qui dirigeait les attaques.
Cette histoire individuelle s’inscrit dans un contexte plus large, révélant l’engagement de nombreux Sinti et Roms dans la Résistance. Parmi les figures identifiées :
* Ruby Bonora: Combattant partisan de la Division « Nannetti » en Frioul-Vénétie Julienne.
* Mirko Levak: Patriote ayant rejoint les partisans en Istrie et en Frioul-Vénétie Julienne après son évasion d’un camp de concentration.
* Fioravante Lucchesi: Combattant partisan de la division « Modena Armando », opérant entre Modène et Bologne.
* Osiris Pevarello: Patriote actif entre Padoue et Vicence.
* Archio Pietro « Alino » gabrielli: Patriote opérant entre Vicenza et Belluno sous le nom de “Piero”.
* Les Lions de Breda Solini: Un groupe de combat exceptionnel, formé exclusivement de sinti italiens évadés du camp de concentration de Prignano sul Secchia (MO), opérant dans la région de Mantoue.
Ces noms, et bien d’autres encore, témoignent d’une contribution significative à la libération de l’Italie. La participation des Sinti et Roms à la Résistance est d’autant plus remarquable qu’elle s’est faite dans un contexte de persécution systématique.Ils ont combattu non seulement pour la libération de leur pays, mais aussi pour leur propre survie et la reconnaissance de leur dignité.
Carlo Berini, l’auteur de cette recherche, espère que cette reconnaissance permettra à l’ANPI (Association Nationale des Partisans Italiens) de valoriser adéquatement la contribution de la minorité sinti et Rom à la Résistance. Il souligne également la nécessité d’un financement accru pour la recherche historique et l’importance de collecter les témoignages des anciens, afin de préserver cette mémoire précieuse pour les générations futures.
Cette découverte souligne l’importance de réévaluer l’histoire de la Résistance italienne, en intégrant pleinement le rôle des minorités ethniques et en reconnaissant leur courage et leur engagement dans la lutte pour la liberté. Elle rappelle également la complexité de la Seconde Guerre mondiale et la diversité des expériences vécues par ceux qui ont combattu pour un monde meilleur.
