Grèce bloque la participation de la Turquie au program de défense européen SAFE
Bruxelles – La Grèce s’oppose fermement à l’adhésion de la Turquie au programme SAFE (Synergy for Armed Forces Europe-European Armed Forces Cooperation),une initiative clé de l’Union Européenne visant à renforcer la coopération en matière de défense et de sécurité. L’impasse actuelle est due aux différends persistants entre Athènes et Ankara concernant la souveraineté en mer Égée et d’autres désaccords bilatéraux.
Le programme SAFE, doté d’un budget colossal de 150 milliards d’euros, est conçu pour stimuler l’investissement dans des capacités de défense européennes cruciales. Il propose des prêts à faible taux d’intérêt et à long terme, financés par l’UE elle-même, aux États membres, à l’Ukraine et aux pays de l’Espace Économique Européen (EEE). Les fonds sont destinés à moderniser les systèmes de défense aérienne et antimissile, l’artillerie, les munitions, les drones et à renforcer la cybersécurité.
Une condition essentielle du programme est que les projets soient menés conjointement par au moins deux pays, favorisant ainsi l’interopérabilité et la mutualisation des ressources.
L’exclusion de la Turquie, bien que temporaire, soulève des questions sur l’unité et la portée du programme SAFE. Initialement, la participation d’Ankara était envisagée, mais l’opposition grecque a bloqué toute avancée à ce stade.
Contexte et enjeux du programme SAFE :
Lancé en réponse aux défis sécuritaires croissants en Europe et au-delà, le programme SAFE s’inscrit dans une stratégie plus large de renforcement de l’autonomie stratégique de l’UE.il vise à réduire la dépendance européenne vis-à-vis des fournisseurs d’armement extérieurs et à stimuler l’innovation dans le secteur de la défense.
L’initiative est également perçue comme un moyen de renforcer la coopération entre les forces armées européennes, en facilitant le partage d’informations, la planification conjointe et l’entraînement interopérable.
L’avenir de la participation turque au programme SAFE reste incertain, dépendant de la résolution des tensions bilatérales entre Athènes et Ankara. L’issue de cette situation aura un impact significatif sur l’efficacité et l’ambition du programme, ainsi que sur la capacité de l’UE à répondre aux défis de sécurité complexes auxquels elle est confrontée.
