Accord gazier controversé : un investisseur américain lié à Trump conclut un pacte avec le géant russe Novatek
Washington – Un investisseur américain ayant des liens familiaux avec l’ancien président Donald Trump a signé l’année dernière un accord concernant le gaz naturel liquéfié (GNL) avec Novatek, la plus grande entreprise privée de gaz de Russie. Cet accord, conclu après un sommet en Alaska entre Trump et Vladimir Poutine, soulève des questions sur les relations économiques entre les États-Unis et la Russie dans un contexte géopolitique tendu.
Dallas-based hedge fund et private equity executive Gentry Beach, un ami de longue date de Donald Trump Jr. et ancien vice-président des finances du comité d’inauguration de Trump en 2017, a confirmé l’accord au New York Times. Il a affirmé que le projet avait été discuté “aux plus hauts niveaux” à Moscou et à Washington, et a plaidé pour une collaboration accrue. “Il est temps pour nous tous de travailler ensemble”, a-t-il déclaré.
L’accord porte sur une possible utilisation de la technologie de liquéfaction de Novatek pour un projet sur la North Slope de l’Alaska, une région arctique isolée. Novatek a confirmé être en négociations, mais n’a pas précisé si Beach était son interlocuteur, soulignant que toute entente nécessiterait l’approbation des autorités russes et américaines.
L’annonce intervient alors que la Russie cherche activement à relancer les liens économiques avec les États-Unis, comme l’a illustré une proposition récente d’un émissaire du Kremlin pour des projets d’investissement potentiels totalisant 14 billions de dollars. Cependant, les responsables américains ont clairement indiqué que toute coopération plus large dépendrait d’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine.
Cet accord Novatek est d’autant plus significatif que de nombreuses entreprises occidentales hésitent à faire des affaires avec la Russie en raison des risques politiques élevés liés à la guerre en Ukraine et aux sanctions internationales. Bien que Novatek soit soumise à des sanctions partielles aux États-Unis, Beach affirme que la structure de ces mesures lui permet de poursuivre l’accord légalement.
L’accord a été négocié lors de réunions l’année dernière à Dubaï et en Europe avec Leonid Mikhelson, le PDG de Novatek, qui est sanctionné par le Royaume-Uni et le Canada, mais pas par les États-Unis ou l’Union européenne.
L’intérêt pour le GNL dans l’Arctique est croissant, avec une demande mondiale en hausse et des pays cherchant à diversifier leurs sources d’énergie. Selon l’Administration d’information sur l’énergie des États-Unis (EIA), la consommation mondiale de GNL devrait continuer à augmenter dans les années à venir, atteignant 516 milliards de mètres cubes en 2023. L’Alaska, avec ses vastes réserves de gaz naturel, pourrait jouer un rôle important dans l’approvisionnement futur.
Cet accord soulève des questions sur l’influence des liens personnels dans les négociations internationales et sur la manière dont les intérêts économiques peuvent l’emporter sur les considérations géopolitiques. Il sera crucial de surveiller de près l’évolution de ce projet et son impact potentiel sur les relations américano-russes et sur le marché mondial de l’énergie.
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Source : The New York Times
