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Trump rompt avec Anthropic : l’IA au cœur d’une crise avec le Pentagone

La Maison Blanche coupe les ponts avec Anthropic, l’IA de pointe au cœur d’une crise géopolitique

SAN FRANCISCO – La relation tumultueuse entre le gouvernement américain et le monde de l’intelligence artificielle a atteint un point de rupture. Le président Donald Trump a ordonné, ce vendredi, l’arrêt immédiat de toute collaboration entre les agences fédérales et Anthropic, une entreprise d’IA dont les modèles, notamment Claude, étaient utilisés par le Pentagone pour des opérations classifiées.

L’annonce, faite sur Truth Social, est le point culminant d’une semaine de tensions avec Anthropic, accusée par l’administration Trump de vouloir contrôler l’armée et de "mettre en danger la sécurité de la nation". "Nous n’avons pas besoin d’eux, nous ne les voulons pas, et nous ne ferons plus affaire avec eux !", a déclaré le président.

La décision a immédiatement entraîné la suspension de l’accès à Anthropic via USAi, la plateforme du General Services Administration (GSA) offrant des chatbots aux employés du gouvernement. Anthropic est également retirée du système d’approvisionnement fédéral, bloquant ainsi toute nouvelle acquisition de ses produits.

Un contrat de 200 millions de dollars remis en question

L’entreprise avait décroché un contrat de 200 millions de dollars avec le Pentagone l’été dernier, aux côtés d’OpenAI, Google et xAI. Cependant, Claude est le seul programme d’IA générative avancé à avoir obtenu une autorisation de sécurité permettant de traiter des données secrètes et classifiées. Des informations suggèrent que Claude a même été utilisé lors d’opérations sensibles, comme le raid au Venezuela ayant mené à la capture du président Nicolás Maduro.

Le cœur du conflit réside dans les limites imposées par Anthropic à l’utilisation de son IA. L’entreprise refuse d’autoriser l’utilisation de Claude pour la surveillance de masse sur le territoire américain ou pour le développement d’armes autonomes, capables de sélectionner et d’éliminer des cibles sans intervention humaine. Le Pentagone, soutenu par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, exige un accès illimité à la technologie.

Silicon Valley se mobilise

La décision de Trump a suscité une vague de soutien à Anthropic dans la Silicon Valley. Jeff Dean, un cadre supérieur de Google, a déclaré sur X (anciennement Twitter) que l’IA générative ne devrait pas être utilisée pour la surveillance de masse. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a exprimé des préoccupations similaires dans un mémo interne, obtenu par nos sources, soulignant que l’IA ne devrait pas être utilisée pour des applications "illégales ou inadaptées aux déploiements cloud". Plus de 500 employés d’OpenAI et de Google ont signé une lettre ouverte en soutien à Anthropic. Des messages de soutien ont également fleuri sur les trottoirs devant le siège d’Anthropic à San Francisco.

https://x.com/JeffDean/status/2026566490619879574

Une rupture aux implications profondes

Cette affaire révèle une tension croissante entre le gouvernement américain et les entreprises d’IA, qui détiennent désormais une part importante de l’innovation technologique. Alors que le Pentagone cherche à rattraper son retard sur la Chine dans le domaine de l’IA, il se heurte à la résistance d’entreprises soucieuses de l’éthique et des implications de leurs technologies.

Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a déclaré dans une lettre ouverte qu’il ne pouvait "en conscience" se soumettre aux demandes du Pentagone. L’entreprise a réaffirmé sa position, affirmant qu’aucune "intimidation ou punition" ne la fera changer d’avis.

L’administration Trump a menacé d’invoquer le Defense Production Act, une loi d’urgence en temps de guerre, ou de désigner Anthropic comme un "risque pour la chaîne d’approvisionnement", interdisant ainsi à toute entreprise travaillant avec l’armée américaine de collaborer avec l’IA.

L’avenir de la relation entre le gouvernement et Anthropic reste incertain. Le Pentagone a six mois pour remplacer Claude, ce qui souligne l’importance de cette technologie. Mais cette crise pourrait également marquer le début d’une guerre ouverte au sein de la Silicon Valley, entre ceux qui prônent une collaboration sans limites avec l’armée et ceux qui insistent sur le respect des principes éthiques.

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