Les nouveaux tarifs douaniers de Trump favorisent la Chine et le Brésil, pénalisent les alliés des États-Unis
Washington – La nouvelle politique tarifaire globale de 15% instaurée par l’ancien président Donald Trump, bien que présentée comme une mesure de protection du commerce américain, risque de profiter paradoxalement à des pays qu’il a souvent critiqués, notamment la Chine et le Brésil. Une analyse récente de Global Trade Alert révèle que ces nations bénéficieront d’une réduction significative de leurs taux tarifaires moyens, tandis que les alliés traditionnels des États-Unis, comme le Royaume-Uni, l’Union européenne et le Japon, subiront l’impact le plus important de ces nouvelles taxes.
Selon l’étude, le Brésil verra sa moyenne tarifaire diminuer de 13,6 points de pourcentage, suivi par la Chine avec une réduction de 7,1 points. Cette situation découle de la manière dont les nouveaux tarifs s’appliquent aux différents pays, après que la Cour suprême américaine a invalidé les tarifs imposés par Trump en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA).
L’administration Trump a réagi en instaurant un tarif uniforme de 15%, initialement fixé à 10%, valable pour 150 jours avant de nécessiter une nouvelle autorisation du Congrès. Jamieson Greer, représentant américain au commerce, a défendu cette nouvelle approche, affirmant que des enquêtes sur les pratiques commerciales injustes permettraient d’imposer des tarifs supplémentaires si nécessaire. Il a également souligné que l’augmentation du taux à 15% était justifiée par "l’urgence de la situation".
Cependant, cette politique suscite des inquiétudes parmi les partenaires commerciaux des États-Unis. L’Union européenne a demandé des "clarifications complètes" de la part de Washington, soulignant que la situation actuelle n’est pas propice à des relations commerciales transatlantiques "équitables et mutuellement bénéfiques". Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, a rappelé que les coûts des tarifs existants étaient principalement supportés par les importateurs et les consommateurs américains.
Le Royaume-Uni est particulièrement touché, avec une augmentation de 2,1 point de pourcentage de ses tarifs moyens. La Chambre de commerce britannique a exprimé sa "consternation" face à cette nouvelle politique et a appelé le gouvernement britannique à entamer un dialogue avec Washington.
L’impact de ces tarifs est également ressenti par les entreprises britanniques exportant vers les États-Unis, qui pourraient être confrontées à des difficultés accrues. Allie Renison, ancienne fonctionnaire du département du commerce britannique, estime que le Royaume-Uni se trouve face à un dilemme : tenter de négocier un meilleur accord ou attendre de voir si d’autres mesures sont prises.
Johannes Fritz, économiste et directeur général de Global Trade Alert, a souligné que les pays les plus critiqués par l’administration Trump, tels que le Mexique et le Canada, verront également leurs tarifs diminuer. Les fabricants asiatiques, notamment au Vietnam, en Thaïlande et en Malaisie, pourraient également bénéficier de cette nouvelle situation.
Malgré ces changements, l’administration Trump prévoit de lancer des enquêtes sur les pratiques commerciales déloyales, ciblant notamment les pays asiatiques accusés de surcapacité industrielle. Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, a affirmé que tous les partenaires commerciaux des États-Unis souhaitaient maintenir les accords commerciaux existants.
La réunion à venir entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping ne sera pas affectée par ces nouveaux tarifs, selon l’administration américaine. L’objectif principal de cette rencontre est de "maintenir la stabilité", de s’assurer que la Chine respecte ses engagements d’achat de produits agricoles américains et d’avions Boeing, et de garantir l’approvisionnement en terres rares.
L’avenir des tarifs américains reste incertain, l’administration signalant son intention de recourir à d’autres instruments juridiques, tels que la Section 301 du Trade Act de 1974, pour imposer des mesures tarifaires supplémentaires. Des enquêtes au titre de la Section 301 ont déjà été lancées contre le Brésil et la Chine.
