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Trump : Le Royaume-Uni freine sur le “Conseil de la Paix” face à Poutine

Trump lance un “Conseil de la Paix” controversé à Davos, le Royaume-Uni exprime ses réserves

DAVOS, Suisse – L’ancien président américain Donald Trump a lancé un nouveau projet international visant à résoudre les conflits mondiaux, le “Conseil de la Paix”, lors du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, mercredi. L’initiative, qui donne à Trump des pouvoirs décisionnels étendus en tant que président, a suscité des réactions mitigées, le Royaume-Uni exprimant des inquiétudes quant à la possible participation du président russe Vladimir Poutine.

Trump a présenté le conseil comme un moyen de forger une “paix durable” au Moyen-Orient et au-delà, affirmant qu’il pourrait “faire à peu près ce que nous voulons faire” pour résoudre les conflits, tout en assurant qu’il travaillerait en coordination avec les Nations unies. “Nous nous engageons à assurer la démilitarisation de Gaza, une gouvernance appropriée et une reconstruction magnifique”, a déclaré Trump lors de la cérémonie de signature, à laquelle ont participé les dirigeants et représentants de 19 pays, dont l’Argentine, la Hongrie, le Maroc, l’Arabie saoudite et la Turquie.

Cependant, le projet a soulevé des questions quant à son objectif et à sa légitimité. La charte du conseil, divulguée précédemment, ne mentionne pas explicitement le territoire palestinien et certains critiques craignent qu’il ne vise à remplacer certaines fonctions des Nations unies, qui a été la principale plateforme de diplomatie et de résolution des conflits internationaux depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La secrétaire aux Affaires étrangères britannique, Yvette Cooper, a déclaré que le Royaume-Uni ne signerait pas l’adhésion au Conseil de la Paix “pour l’instant”, en raison de préoccupations concernant la possible participation de Poutine. “Il s’agit d’un traité juridique qui soulève des questions beaucoup plus larges que l’objectif initial de mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza”, a déclaré Cooper à la BBC. Elle a également souligné le manque de volonté de Poutine de s’engager dans la paix en Ukraine, alors que le Royaume-Uni est un allié ferme de Kiev.

Cooper a toutefois souligné que le Royaume-Uni soutenait le plan en 20 points de Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza et qu’il était prêt à jouer un rôle dans la deuxième phase du processus de paix.

La tentative de Trump de courtiser Poutine a également soulevé des sourcils. Trump a affirmé que le président russe avait accepté une invitation à rejoindre l’initiative, mais le Kremlin a déclaré qu’il étudiait toujours la proposition. Poutine a également évoqué la possibilité de discuter de l’utilisation des actifs russes gelés aux États-Unis pour financer le conseil.

L’initiative intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre les États-Unis et le Royaume-Uni, Trump ayant menacé d’imposer des tarifs douaniers aux nations européennes si elles ne cédaient pas le contrôle du Groenland aux États-Unis. Trump semble avoir fait marche arrière, affirmant que les États-Unis étaient ouverts à un accord sur le Groenland après des discussions avec l’OTAN.

Le Conseil de la Paix prévoit que les États membres recevront des mandats renouvelables de trois ans, les sièges permanents étant réservés à ceux qui contribuent à hauteur de 1 milliard de dollars (environ 740 millions de livres sterling). Le conseil exécutif initial comprend des personnalités telles que le secrétaire d’État américain Marco Rubio, l’envoyé spécial pour le Moyen-Orient Steve Witkoff, le gendre de Trump, Jared Kushner, et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. D’autres pays, dont le Pakistan, l’Égypte et le Qatar, ont également exprimé leur intérêt à rejoindre le conseil, et le Vatican a confirmé avoir reçu une invitation du pape.

L’avenir du Conseil de la Paix reste incertain, mais son lancement souligne l’évolution du paysage géopolitique et la volonté de certains dirigeants de trouver de nouvelles voies pour résoudre les conflits mondiaux. L’initiative sera scrutée de près par la communauté internationale pour voir si elle peut réellement contribuer à la paix et à la stabilité, ou si elle ne s’agit que d’une autre tentative de Trump de remodeler l’ordre mondial à son image.

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