Trump Propose « Conseil de Paix » Financé par les Nations pour la Supervision de la Transition à Gaza
WASHINGTON – L’ancien président Donald Trump a dévoilé un plan ambitieux, mais controversé, pour un « Conseil de Paix » international chargé de superviser la transition administrative à Gaza, exigeant un financement de 1 milliard de dollars des pays souhaitant y siéger de manière permanente. L’initiative, annoncée vendredi par la Maison Blanche, suscite déjà des réactions mitigées et des questions sur sa faisabilité et son impartialité.
Selon un projet de charte révélé par Reuters et Bloomberg News, les nations intéressées à une adhésion de plus de trois ans devraient contribuer avec le montant substantiel d’un milliard de dollars. Cette exigence financière a immédiatement soulevé des préoccupations quant à l’accessibilité et à l’équité du conseil, certains craignant qu’il ne soit réservé aux pays les plus riches.
Le Conseil de Paix, qui sera présidé par Trump lui-même, comprendra un conseil exécutif de 11 membres, ainsi que des membres supplémentaires. Parmi les membres fondateurs figurent des personnalités influentes telles que Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères, Steve Witkoff, envoyé spécial de Trump pour le Moyen-Orient, et son gendre, Jared Kushner, tous deux impliqués dans les négociations initiales du plan de paix. L’inclusion de Fidan est particulièrement sensible, Israël s’opposant fermement à tout rôle turc à Gaza.
L’annonce a pris Israël par surprise. Un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué que les États-Unis n’avaient pas coordonné la création du conseil avec Israël, et que le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, soulèverait la question avec le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.
Outre les personnalités américaines et turques, le conseil exécutif comprend également l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, Sigrid Kaag, coordinatrice spéciale des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, et Nickolay Mladenov, ancien envoyé spécial des Nations unies pour le Moyen-Orient, nommé Haut Représentant pour Gaza. D’autres membres incluent Robert Gabriel, adjoint au conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, le milliardaire Marc Rowan et Ajay Banga, président de la Banque mondiale, qui est de nationalité israélienne.
Plusieurs pays ont déjà reçu des invitations à rejoindre le conseil, notamment la Jordanie, l’Égypte, la Turquie, la France, l’Allemagne, l’Australie et le Canada. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également été invitée à représenter l’Union européenne.
L’initiative intervient dans un contexte de fragilité persistante à Gaza. Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025, mais des épisodes de violence mortelle continuent de se produire, Israël et le Hamas s’accusant mutuellement de violations. Le conflit a déjà eu des conséquences dévastatrices : l’attaque surprise du Hamas contre Israël en octobre 2023 a fait environ 1 200 morts et 251 otages, tandis que l’offensive israélienne subséquente à Gaza a causé la mort d’environ 70 000 personnes, selon le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas.
Trump a décrit le conseil comme « le plus grand et le plus prestigieux conseil jamais assemblé », et a déclaré qu’il pourrait étendre ses efforts à d’autres conflits dans le monde après avoir réussi à stabiliser Gaza. Il a souligné que cette initiative marque le début de la deuxième phase de son plan en 20 points pour mettre fin à la guerre à Gaza, initialement dévoilé en septembre.
Un commandement de la « Force internationale de stabilisation », dirigé par le major-général Jasper Jeffers, sera responsable des opérations de sécurité, du désarmement et de la distribution de l’aide humanitaire.
L’avenir du Conseil de Paix reste incertain, mais son lancement marque une nouvelle tentative de trouver une solution durable au conflit israélo-palestinien, une question qui a défié les efforts diplomatiques pendant des décennies. L’importance de cette initiative pour la stabilité régionale et l’intérêt public mondial est indéniable, et son succès dépendra de la coopération et de l’engagement de toutes les parties prenantes.
