Trump relance l’idée d’un "G2" avec la Chine, Pékin affiche ses réserves
BEIJING – L’ancien président américain Donald Trump a réaffirmé son intérêt pour une relation bilatérale privilégiée avec la Chine, qu’il qualifie de “G2” ou Groupe de Deux, lors de ses récentes discussions et de ses projets de rencontres avec le président chinois Xi Jinping. Cette approche, qui suggère un ordre mondial dominé par les deux plus grandes économies, suscite des inquiétudes parmi les alliés des États-Unis et provoque une réaction mesurée de la part de Pékin.
L’idée d’un “G2” avait été initialement proposée en 2005 par l’économiste américain C. Fred Bergsten, afin de souligner l’importance d’une communication étroite entre les deux puissances économiques. Bien que l’idée ait eu un certain écho auprès de certains décideurs politiques, elle a perdu de sa popularité à Washington, notamment durant le premier mandat de Trump, en raison de la montée des tensions avec Pékin.
Cependant, Trump a régulièrement utilisé le terme “G2” lors de sa récente rencontre avec Xi Jinping en Corée du Sud, sans toutefois préciser comment un tel ordre mondial fonctionnerait concrètement. Un nouveau sommet est prévu en Chine à partir du 31 mars, et d’autres rencontres pourraient suivre, notamment lors du sommet du G20 à Miami en décembre et lors d’un sommet de coopération économique Asie-Pacifique en Chine en novembre.
Pour la Chine, l’utilisation du terme “G2” par Trump est perçue comme une reconnaissance de son influence croissante sur la scène internationale. Cela suggère que les États-Unis considèrent désormais la Chine comme un pair et qu’elle devrait avoir un rôle équivalent dans les affaires mondiales.
Néanmoins, Pékin affiche publiquement ses réserves. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a souligné que le monde comptait plus de 190 pays et que l’histoire avait toujours été écrite par des efforts collectifs. Il a réaffirmé que la Chine ne chercherait jamais à imposer son hégémonie et qu’elle souhaitait construire un monde multipolaire “égal et ordonné”.
Wang Yi a également insisté sur le fait que la Chine ne souhaitait pas être impliquée dans des conflits régionaux, comme ceux qui ont entravé les efforts américains. Il a réitéré l’appel de Pékin à un cessez-le-feu immédiat au Moyen-Orient, affirmant que la guerre “ne profite à personne”.
La position chinoise s’inscrit dans une tradition diplomatique qui s’oppose à l’idée que les grandes puissances devraient dicter leur volonté aux pays plus petits. Elle reflète également une certaine prudence quant à l’augmentation de ses responsabilités en matière de gouvernance mondiale.
Les relations sino-américaines ont des “implications profondes et mondiales”, a déclaré Wang Yi, soulignant qu’un désengagement mutuel ne ferait qu’accroître les malentendus et les erreurs de calcul. Il a également salué les échanges réguliers entre les présidents Trump et Xi, les qualifiant de “garantie stratégique” pour améliorer les relations bilatérales.
Malgré les tensions persistantes, les deux pays semblent déterminés à maintenir le dialogue. L’année 2026 est considérée comme une année charnière pour les relations sino-américaines, avec un programme d’échanges de haut niveau déjà établi. Les deux parties doivent désormais se préparer minutieusement à ces rencontres, gérer les risques potentiels et éliminer les obstacles inutiles.
