Trump minimise la guerre avec l’Iran, sème la confusion sur ses objectifs
WASHINGTON – Alors que les tensions avec l’Iran persistent, le président Donald Trump semble minimiser le conflit, oscillant entre déclarations contradictoires et une communication déconcertante sur les objectifs et la durée de l’engagement américain. Cette attitude contraste avec ses promesses de campagne de 2024, où il s’était engagé à ne pas entraîner les États-Unis dans de nouvelles guerres.
Le président a qualifié l’opération militaire de « guerre », de « grande opération de combat » et même d’« excursion, une petite excursion ». Il a évoqué la possibilité de prendre le contrôle du détroit d’Ormuz pour sécuriser le passage des pétroliers, avant de contredire cette affirmation en affirmant qu’il n’y avait aucun problème avec le détroit tel qu’il est actuellement.
Plus troublant encore, Trump a affirmé que l’Iran pourrait être à l’origine de l’attaque contre une école de filles qui a fait au moins 175 morts, en utilisant un missile Tomahawk de fabrication américaine – une allégation contredite par le fait que l’Iran ne possède pas ce type de missile.
Les déclarations du président sur la fin du conflit sont tout aussi ambiguës. Il a affirmé que « nous avons gagné », tout en reconnaissant que « nous n’avons pas encore terminé ». Il a exigé une reddition inconditionnelle et un changement de régime, avant de nier que ces conditions étaient nécessaires à la victoire. Lors d’un rassemblement dans le Kentucky, il a semblé chercher à se rassurer lui-même, demandant à la foule s’ils voulaient « partir trop tôt » et « terminer le travail ».
La communication de la Maison Blanche sur les réseaux sociaux reflète cette approche déroutante. Des vidéos diffusées sur les comptes officiels présentent l’opération militaire comme un jeu vidéo, avec des images de missiles frappant des cibles entrecoupées de séquences de bowling et d’autres sports. Une vidéo montre même des quilles de bowling représentant des « responsables du régime iranien » renversées par un ballon de bowling américain rouge, blanc et bleu. Ces images contrastent fortement avec le bilan humain du conflit, qui a déjà coûté la vie à sept militaires américains et à plus de mille Iraniens.
Cette attitude intervient alors que l’attention se porte sur les raisons pour lesquelles Trump semble se concentrer davantage sur les critiques de son adversaire politique, le gouverneur de Californie Gavin Newsom, que sur la situation en Iran. Certains observateurs suggèrent qu’il pourrait craindre que le conflit ne soit impopulaire auprès de ses partisans les plus fidèles, ou qu’il ne souhaite pas attirer l’attention sur les conséquences économiques de la guerre, telles que la hausse des prix du carburant et la chute des marchés boursiers.
Par ailleurs, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a déclaré qu’il n’y avait pas de menace imminente pour l’État provenant de l’Iran, après qu’une alerte du FBI ait révélé que Téhéran aurait envisagé d’envoyer des drones sur la côte ouest en représailles.
