Trump Relance la Controverse sur l’Engagement de l’OTAN en Afghanistan, Provoquant l’Indignation au Royaume-Uni
Londres – Les remarques du président américain Donald Trump sur le rôle des troupes de l’OTAN en Afghanistan ont déclenché une vague d’indignation au Royaume-Uni, ravivant les tensions transatlantiques et soulevant des questions sur l’engagement américain envers l’alliance militaire. Trump a affirmé que les forces de l’OTAN étaient restées “un peu en retrait, un peu loin des lignes de front” pendant la guerre en Afghanistan, des déclarations qualifiées d’“insultantes” par des parlementaires britanniques des deux côtés de l’échiquier politique.
Lors d’une interview accordée à Fox News jeudi, Trump a semé le doute sur la fiabilité de l’OTAN, affirmant qu’il n’était “pas sûr” que l’alliance serait présente pour les États-Unis “si nous en avions un jour besoin”. Il a ajouté que les États-Unis “n’ont jamais vraiment rien demandé” à l’OTAN et que, bien que les alliés aient déployé des troupes en Afghanistan, ils étaient restés “un peu en retrait”.
Ces déclarations interviennent à un moment de fragilité pour l’alliance, déjà ébranlée par les remises en question répétées de Trump sur son utilité et son financement.
Emily Thornberry, présidente de la commission des affaires étrangères du parti travailliste, a fustigé les propos de Trump, les qualifiant d'”insulte absolue” à la mémoire des 457 militaires britanniques tués en Afghanistan. “Comment ose-t-il remettre en question leur sacrifice ?”, a-t-elle déclaré sur la BBC.
De son côté, Sir Ed Davey, leader du parti libéral-démocrate, a dénoncé l’audace de Trump de remettre en question le sacrifice des troupes britanniques.
Même au sein du parti conservateur, les réactions ont été vives. Ben Obese-Jecty, ancien officier de l’armée britannique ayant servi en Afghanistan, a exprimé sa tristesse de voir “le sacrifice de notre nation, et de nos partenaires de l’OTAN, si peu apprécié par le président des États-Unis”.
Le Royaume-Uni a rejoint les États-Unis en Afghanistan en 2001, après l’invocation de l’article 5 du traité de l’OTAN suite aux attentats du 11 septembre. Cet article, pierre angulaire de l’alliance, stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
Les critiques ne se sont pas limitées au Royaume-Uni. David van Weel, ministre néerlandais des Affaires étrangères, a rejeté les affirmations de Trump comme “fausses”, soulignant que “les Européens ont versé leur sang” aux côtés des troupes américaines en Afghanistan. Il a rappelé que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait déjà contredit Trump lors d’une conférence de presse commune à Davos.
Calvin Bailey, député travailliste et ancien officier de la RAF ayant servi aux côtés des forces spéciales américaines en Afghanistan, a affirmé que les propos de Trump ne correspondaient “à aucune réalité vécue par ceux d’entre nous qui ont servi là-bas”.
Le ministère britannique de la Défense a réagi en soulignant que les forces britanniques et américaines avaient “travaillé, combattu et, dans certains cas, sont mortes ensemble” en Afghanistan, faisant le sacrifice ultime. Le secrétaire à la Défense, John Healey, a rendu visite à une base de l’OTAN au Danemark mercredi, soulignant l’importance de la coopération militaire transatlantique.
Plus de 3 500 soldats de la coalition ont perdu la vie en Afghanistan d’ici 2021, dont environ deux tiers étaient américains. Le Royaume-Uni a subi le deuxième plus grand nombre de pertes militaires après les États-Unis, avec 2 461 décès.
Les remarques de Trump interviennent alors que l’attention se porte sur la sécurité de l’Arctique, où le président américain a évoqué une “menace très sérieuse”. Cette diversification des préoccupations stratégiques américaines pourrait alimenter les inquiétudes quant à l’engagement à long terme des États-Unis envers l’OTAN et ses alliés.
L’incident souligne la nécessité d’un dialogue continu et d’une réaffirmation des valeurs communes au sein de l’alliance pour garantir sa cohésion et son efficacité face aux défis géopolitiques croissants.
