Trump, la diplomatie du milliard et les doutes croissants sur sa santé mentale
DAVOS/WASHINGTON – La semaine écoulée a été riche en rebondissements, confirmant une fois de plus l’imprévisibilité de la politique étrangère américaine sous la présidence de Donald Trump. Des tensions autour du Groenland, perçues comme une tentative d’acquisition territoriale, à la création d’un improbable “Conseil de la Paix” facturé un milliard de dollars, les actions du président américain suscitent l’inquiétude, tant en Europe qu’aux États-Unis.
L’épisode du Groenland, initialement qualifié de “crise” par certains observateurs, a débuté par des déclarations de Trump évoquant un “besoin psychologique” de posséder ce territoire stratégique danois. L’affaire a pris une tournure surréaliste lorsque des messages textuels ont révélé que Trump avait menacé le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, lui reprochant de ne pas lui avoir décerné le prix Nobel de la paix. Selon ces messages, Trump ne se sentirait plus tenu de privilégier la paix si ses intérêts personnels n’étaient pas pris en compte. Une telle communication, qualifiée de “première dans les annales diplomatiques”, témoigne d’une approche singulière des relations internationales.
Mais c’est l’annonce du “Conseil de la Paix” lors du Forum économique mondial de Davos qui a particulièrement choqué. Présenté comme une initiative indépendante, ce comité s’est avéré être une sorte de club sélectif, dont l’adhésion coûte un milliard de dollars. Parmi les membres, on retrouve le Bélarus et le Qatar, mais pas les grandes puissances européennes comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. L’événement, disponible en intégralité sur YouTube (voir ci-dessous), a été décrit par certains comme une “Ligue de Super-Héros mineurs” dirigée par un “Superman bizarroïde”.
https://www.youtube.com/watch?v=BTyCrHm3G38
Lors de son discours, Trump a affirmé avoir été “honoré” d’être sollicité pour présider ce conseil, laissant entendre qu’il s’agissait d’une organisation prestigieuse. Il a même affirmé avoir mis fin à des guerres dans des régions dont il ignorait l’existence, une déclaration qui a suscité l’incompréhension générale.
Ces dérapages verbaux et ces initiatives controversées ne sont plus une surprise pour les Américains, habitués à l’imprévisibilité de Trump. Cependant, la réaction en Europe est différente. Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, a qualifié la situation de “signal d’alarme majeur”. Anders Fogh Rasmussen, ancien Premier ministre danois et secrétaire général de l’OTAN, a appelé à une “prise de position ferme” contre le président américain.
L’inquiétude grandit également au sein du Parti républicain. Karl Rove, stratège politique influent, a récemment exprimé ses préoccupations quant aux “apparences erratiques” et à la “spirale descendante” de Trump, suggérant qu’il pourrait compromettre les chances républicaines lors des prochaines élections de mi-mandat (voir article du Wall Street Journal : https://www.wsj.com/opinion/is-trump-trying-to-lose-the-midterms-dde04b81?gaa_at=eafs&gaa_n=AWEtsqdZf98yz_ryqfnFkuyDstiJSIem-db38Y9xqM6vSYqk8bSnJaTu1yvfGkJYA%3D&gaa_ts=697291a6&gaa_sig=jCPGJCiFExpkyeUhCRN0U3vtMCpgN7qbjyOkvTGp-cl55I5jivMnJCbNsyNS2G1Fd3eDrVi6q8JI8geQ1BhQng%3D%3D).
Lars-Christian Brask, un député danois, a même publiquement remis en question la capacité de Trump à exercer ses fonctions, exprimant son étonnement face à son comportement “fou et erratique”.
Alors que les trois prochaines années s’annoncent tumultueuses, la question de la santé mentale du président américain est de plus en plus posée. La communauté internationale se demande combien de temps elle pourra tolérer un tel comportement et quelles seront les conséquences pour la stabilité mondiale. La situation actuelle rappelle, selon certains, que l’exposition prolongée à un leader perturbé peut conduire à une normalisation de l’inacceptable.
