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Train Dreams : Clint Bentley et l’art de la mémoire au cinéma

« Train Dreams » : Quand la mémoire façonne le film, une ode à la vie ordinaire

Par [Votre Nom], Rédacteur en Chef, Section Divertissement, nouvelles-du-monde.com

NEW YORK – Le réalisateur Clint Bentley a traversé une période de bouleversements personnels intenses – la perte de ses parents et la naissance de son premier enfant – qui ont profondément influencé son approche de l’adaptation du roman « Train Dreams » de Denis Johnson. Le résultat, disponible sur Netflix, est un film contemplatif et poétique qui explore la nature insaisissable de la mémoire et la beauté des moments ordinaires.

« On pense souvent à la vie en termes de tournants décisifs, mais en réalité, ce sont souvent les moments les plus banals qui restent gravés dans nos souvenirs », explique Bentley dans un entretien récent sur le podcast « Filmmaker Toolkit ». « Ce samedi matin passé en famille, sans rien de spécial prévu, qui devient l’un des plus beaux souvenirs de votre vie. »

« Train Dreams », porté par une performance subtile et poignante de Joel Edgerton, suit Robert Grainier, un bûcheron solitaire dont la vie est marquée par des changements technologiques et des pertes personnelles. Le film ne se concentre pas sur une intrigue complexe, mais plutôt sur l’accumulation d’instants, de sensations et de réflexions qui composent une existence.

Cette approche narrative non conventionnelle est délibérée. Bentley, influencé par des réalisateurs comme Andrei Tarkovsky et Abbas Kiarostami, cherchait à créer un film qui imite le flux de la conscience et la manière dont la mémoire opère. Il voulait offrir un hommage cinématographique à ses proches, un équivalent visuel de l’émotion que lui procure l’œuvre de Robert Bresson, même si ses parents ou grands-parents n’auraient jamais regardé un film de Tarkovsky.

Le film se déroule à une époque de transformations rapides, avec l’arrivée du chemin de fer et d’autres innovations technologiques. Cependant, Grainier n’est pas un personnage qui embrasse le progrès. Il est plutôt un observateur passif, un homme déconnecté de son temps, une figure que Bentley comprend particulièrement bien.

« Je me sens souvent comme Grainier, emporté par le courant de la vie », confie le réalisateur. « J’ai grandi sans internet, puis j’ai été plongé dans ce monde numérique, et c’est déroutant. »

Le processus d’adaptation a été marqué par des choix audacieux. Bentley et son collaborateur, Greg Kwedar, ont délibérément rompu avec les conventions narratives traditionnelles, évitant les rebondissements dramatiques et les structures classiques. Ils ont également pris la décision de ne pas publier une version actualisée du scénario pour la saison des prix, estimant que le script était un point de départ, une base pour une exploration plus organique et intuitive.

L’une des décisions les plus difficiles a été de renoncer à la scène finale du roman, où Grainier assiste à une représentation théâtrale de « Wolf Boy », une histoire qui résonne avec sa propre vie. Bien que la scène ait été tournée, Bentley a finalement estimé qu’elle ne fonctionnait pas dans le contexte du film.

« Parker [Laramie, le monteur] et moi avons regardé le film, et nous avons réalisé que l’émotion était déjà là, dans la séquence du vol en avion », explique Bentley. « Nous avons utilisé des prises alternatives de scènes précédentes, des moments plus doux et plus heureux, pour créer un sentiment de nostalgie et de réconciliation. »

Ce travail minutieux de montage a permis de créer un film qui est à la fois profondément personnel et universellement accessible. « Train Dreams » est une méditation sur la perte, la mémoire et la beauté fragile de la vie. Un film qui, à l’instar des souvenirs eux-mêmes, se révèle progressivement, laissant une impression durable sur le spectateur.

Pour en savoir plus sur le processus créatif derrière « Train Dreams », écoutez l’intégralité de l’entretien avec Clint Bentley sur le podcast « Filmmaker Toolkit » : https://www.indiewire.com/t/filmmaker-toolkit-podcast/

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