toronto : L’accessibilité des refuges remise en question, des sans-abri préfèrent les campements
Toronto, Canada – Des groupes de défense des droits des sans-abri dénoncent un manque criant d’accessibilité dans les refuges de Toronto, poussant certains individus à préférer la précarité des campements, malgré les risques. Une conférence de presse récente a mis en lumière des témoignages poignants sur les difficultés rencontrées par les personnes handicapées ou souffrant de problèmes de santé chroniques dans les centres d’hébergement municipaux.
Selon les défenseurs, l’accessibilité ne se limite pas à la présence de rampes. Elle exige une adaptation aux besoins individuels, qu’il s’agisse de toilettes adaptées, de lits fonctionnels ou d’un personnel formé pour répondre à des besoins spécifiques.L’approche actuelle, jugée trop rigide, force les individus à s’adapter à un système qui ne les prend pas en compte.
lynn Walker, membre de l’organisme Tuhu, a partagé son expérience : après deux ans de vie en campement, elle a été relogée en refuge, mais regrette amèrement cette situation. “Si je le pouvais, j’aimerais y retourner”, a-t-elle déclaré. Elle explique que les refuges ne lui permettent pas de gérer efficacement sa douleur chronique, notamment en raison du manque d’aides à la mobilité et de la difficulté à se reposer. “Dans un campement, vous avez l’autonomie. Vous pouvez prendre votre temps pour vous nettoyer et vous habiller.”
Cette préférence pour les campements, malgré les conditions difficiles, est illustrée par le cas du parc Dufferin Grove, où des résidents ont refusé de quitter les lieux malgré un avis d’expulsion, craignant pour leur sécurité dans les refuges.
Les chiffres sont alarmants : l’année dernière, 59 personnes sont décédées dans les refuges de Toronto. En 2024, ce nombre s’élève déjà à 52. Les données de la ville révèlent que plus de personnes sans abri meurent dans les refuges que dans tout autre type de logement.
Un problème structurel et persistant
la question de l’accessibilité des refuges n’est pas nouvelle. Depuis des années, les organisations de défense des droits des sans-abri soulignent le manque de ressources et de formation du personnel pour répondre aux besoins spécifiques des personnes handicapées, des personnes âgées, des personnes souffrant de maladies chroniques ou de problèmes de santé mentale.
Le manque d’intimité, le bruit constant, les règles strictes et le manque de flexibilité sont autant de facteurs qui rendent les refuges inadaptés à certaines personnes. De plus, la stigmatisation et la discrimination peuvent rendre l’accès aux services encore plus difficile.
Vers des solutions durables ?
les groupes de défense des droits appellent à des investissements urgents pour améliorer l’accessibilité des refuges, notamment en :
* Augmentant le financement pour la formation du personnel.
* Adaptant les infrastructures aux besoins individuels.
* Offrant des services de soutien spécialisés.
* Promouvant une approche centrée sur la personne.
Ils plaident également pour des solutions de logement plus durables, telles que le logement abordable et le logement avec services de soutien, afin de sortir les personnes de la spirale de l’itinérance et de leur offrir une vie digne et respectueuse de leurs besoins. La situation à Toronto met en lumière une crise humanitaire qui nécessite une réponse globale et coordonnée.
