Thales mise sur une demande accrue en matière de défense, portée par les tensions géopolitiques
PARIS – Le groupe français de technologies de défense Thales anticipe une croissance soutenue, alimentée par une augmentation des dépenses militaires en Europe et en Asie, dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques croissantes. L’entreprise, spécialisée dans les radars de surveillance aérienne et les logiciels pour avions de combat comme le Rafale, a annoncé mercredi une hausse de 7,6 % de son chiffre d’affaires à 22,1 milliards d’euros en 2025, principalement grâce à la demande d’armes.
Selon Patrice Caine, PDG de Thales, l’Europe est désormais en train d’accélérer ses dépenses en matière de défense, s’ajoutant à une demande historiquement forte en provenance du Moyen-Orient et de pays d’Asie du Sud-Est, comme l’Indonésie. Cette dynamique pourrait se poursuivre pendant 10 à 20 ans. "Nous sommes entrés dans une période d’investissement à long terme dans la défense, qui s’étend sur une génération", a-t-il déclaré à des journalistes.
Bien qu’il soit encore trop tôt pour évaluer pleinement l’impact du conflit au Moyen-Orient, Caine a souligné qu’il "rappelle que la situation géopolitique perturbée en général conduit les pays à investir davantage dans la sécurité et donc la défense".
Les activités de défense de Thales ont surpassé ses divisions aéronautique et spatiale en 2025, compensant la baisse des ventes dans sa branche cybersécurité. Le carnet de commandes du groupe a augmenté de 3 % l’année dernière, atteignant un nouveau record de 15,1 milliards d’euros, grâce notamment à des clients en Asie et en Europe, en dehors de la France et du Royaume-Uni.
Thales prévoit une croissance de son chiffre d’affaires de 6 à 7 % pour 2026, avec une marge bénéficiaire plus élevée, comprise entre 12,6 % et 12,8 %, contre 12,4 % en 2025. L’entreprise accélère également ses investissements, notamment pour étendre ses capacités de production, avec un budget atteignant 830 à 850 millions d’euros en 2026.
Pascal Bouchiat, directeur financier de Thales, a précisé que ces investissements incluent la création de nouveaux sites pour les ingénieurs, ainsi que des dépenses liées à la conception et aux systèmes d’information, qui contribuent également à la fabrication.
L’effectif de Thales a augmenté d’environ 2 000 personnes l’année dernière, atteignant 85 000 employés. Le taux de rotation du personnel a diminué, passant de près de 7 % il y a trois ans à un peu plus de 4 %, grâce à une concurrence moins forte de la part des géants américains de la technologie. Bouchiat a également noté que les jeunes diplômés sont désormais plus enclins à rejoindre le secteur de la défense, un changement d’attitude par rapport à la période allant jusqu’en 2021. "Jusqu’en 2021 environ, certains jeunes étaient hésitants à l’idée de rejoindre des groupes de défense. Ce n’est plus le cas", a-t-il ajouté.
Thales travaille en étroite collaboration avec des entreprises comme Dassault Aviation sur le programme Rafale, un partenariat qui illustre l’importance de la collaboration industrielle française dans le secteur de la défense.
