URGENT : Tensions à Madagascar – Une unité militaire revendique le contrôle, le président dément un coup d’État
Antananarivo, Madagascar – Des informations contradictoires émergent de Madagascar ce dimanche, alors qu’une unité de l’armée, le Contingent d’Intervention Rapide (CAPSAT), a revendiqué le contrôle de la capitale, Antananarivo. L’unité a déclaré agir “pour stabiliser la situation, pas pour terroriser”, précisant que tous les ordres proviendraient désormais de la préfecture de gendarmerie.
Cette annonce intervient après une manifestation de grande ampleur samedi, l’une des plus importantes depuis le début des protestations le 25 septembre.Ces mouvements de contestation sont alimentés par la colère populaire face aux pénuries persistantes d’électricité et d’eau, exacerbant les arduousés économiques du pays.
Le président Andry Rajoelina a fermement démenti toute tentative de coup d’État,assurant qu’il reste “dans le pays” et qu’il continue à gérer les affaires nationales. Le nouveau Premier ministre a quant à lui affirmé que le gouvernement est “debout fort” et ouvert au dialog.
L’unité CAPSAT, basée à Soanierana, à la périphérie d’Antananarivo, a une histoire de mutinerie. Elle était déjà impliquée dans un soulèvement populaire en 2009 qui avait conduit à la prise de pouvoir par Rajoelina lui-même.
Contexte et enjeux : Une histoire de crises politiques à Madagascar
Madagascar a connu une instabilité politique chronique depuis son indépendance en 1960, marquée par des coups d’État, des transitions démocratiques fragiles et des crises économiques récurrentes. Le pays, l’une des plus grandes îles d’Afrique, est confronté à des défis majeurs en matière de développement, notamment la pauvreté endémique, la corruption et la vulnérabilité aux catastrophes naturelles.
Les pénuries d’électricité et d’eau, qui sont à l’origine des manifestations actuelles, sont des symptômes de problèmes structurels plus profonds, tels que le manque d’investissement dans les infrastructures, la mauvaise gestion des ressources et la dépendance aux importations d’énergie.
Réactions internationales et bilan des violences
La Commission de l’Union Africaine a exprimé sa “profonde préoccupation” et appelé toutes les parties à la retenue et au dialogue. L’Afrique du Sud a également appelé au respect du processus démocratique et de l’ordre constitutionnel.
Les Nations Unies ont fait état d’au moins 22 morts depuis le début des manifestations, certaines victimes des forces de sécurité et d’autres des violences liées à des gangs et des pillages.Le président Rajoelina conteste ce bilan, affirmant que les 12 décès confirmés étaient des “pilleurs et des vandales”. Les médias locaux rapportent deux morts et 26 blessés supplémentaires samedi, ainsi que la mort d’un militaire abattu par des gendarmes.
La situation reste extrêmement volatile et l’évolution des événements est suivie de près par la communauté internationale. L’issue de cette crise pourrait avoir des conséquences importantes pour la stabilité politique et économique de Madagascar.
