Tension croissante autour du barrage éthiopien sur le Nil : Le Caire et Addis-Abeba en désaccord
Le Caire, Égypte – L’inauguration du nouveau barrage éthiopien sur le Nil Bleu suscite de vives tensions diplomatiques entre l’Égypte et l’Éthiopie, exacerbant un conflit de longue date sur le partage des ressources hydriques. Le Caire insiste pour que la question soit traitée directement avec l’Éthiopie, le Soudan et l’Égypte, considérant ces trois nations comme les seuls acteurs légitimes dans les négociations. Addis-Abeba, en revanche, réclame l’inclusion de huit autres pays riverains du bassin du Nil, arguant que l’impact du barrage pourrait s’étendre au-delà de ces trois nations.
L’Égypte, qui dépend à plus de 80% de l’eau provenant du Nil Bleu pour son approvisionnement, exprime des inquiétudes quant à son accès futur à cette ressource vitale. Historiquement, Le Caire et Khartoum ont revendiqué des droits prioritaires sur l’utilisation de l’eau du Nil. L’Éthiopie, cherchant à affirmer sa souveraineté sur ses propres ressources, espère obtenir le soutien des autres pays du bassin pour légitimer sa position lors des négociations.
Ce désaccord profond a jusqu’à présent empêché l’Union Africaine, dont le siège est à Addis-Abeba, de parvenir à une solution diplomatique. Le barrage, inauguré malgré les protestations et les menaces, représente un enjeu majeur pour la sécurité hydrique de la région.
Contexte et enjeux du partage du Nil :
Le Nil, fleuve vital pour l’Afrique de l’Est et du Nord, est partagé par onze pays : l’Égypte, le Soudan, l’Éthiopie, l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, le Rwanda, le Burundi, l’Érythrée, la République Démocratique du Congo et le Soudan du Sud. Le partage équitable de ses ressources est une source de tensions persistantes.L’Égypte, en aval, a longtemps dominé l’utilisation de l’eau du Nil, s’appuyant sur des accords coloniaux datant de 1929 et 1959. Ces accords, considérés comme inéquitables par de nombreux pays en amont, accordaient à l’Égypte et au Soudan un droit quasi exclusif sur le débit du fleuve.
L’Éthiopie, source principale du nil Bleu, a entrepris la construction de plusieurs barrages, dont le Grand Ethiopian Renaissance Dam (GERD), pour produire de l’électricité et stimuler son développement économique. Ces projets ont suscité des inquiétudes en Égypte et au Soudan, qui craignent une réduction de leur part d’eau.
Les négociations sur le partage du Nil sont complexes et délicates, impliquant des intérêts divergents et des enjeux géopolitiques importants. La recherche d’une solution durable et équitable est essentielle pour assurer la paix et la prospérité dans la région.
