La nouvelle telenovela de la Globo, Qui aime, prend soin, a conquis le public brésilien dès son lancement le 18 mai 2026, mais derrière son succès se cachent des détails inattendus : son titre est une référence directe à une entreprise funéraire de la ville de Pará de Minas, et son personnage principal s’inspire d’une expérience traumatique vécue par son auteur, Walcyr Carrasco. Entre coïncidences culturelles et autobiographie déguisée, la série révèle comment la fiction et la réalité s’entrelacent pour créer un phénomène télévisuel.
Un slogan qui traverse les époques : de l’entreprise funéraire à la telenovela
Depuis des décennies, le slogan “Qui aime, prend soin” domine le paysage urbain de Pará de Minas, une ville minière de l’État du Minas Gerais. Il s’agit de la devise de la Cuidar Assistência, une entreprise spécialisée dans les services funéraires et l’assistance aux familles en deuil, fondée par Pedro Medina. Le slogan, écrit en lettres géantes sur le mur extérieur de l’entreprise, est devenu une marque de fabrique locale – et personne ne se doutait qu’il deviendrait le titre d’une des telenovelas les plus attendues de la Globo.
Janaína Medina, héritière de l’entreprise, a confié à Rádio Santa Cruz FM son émotion en découvrant que le nom de la série correspondait exactement à celui de l’entreprise familiale. “C’est une coïncidence incroyable, mais aussi une belle reconnaissance pour le travail que nous faisons depuis des générations”, a-t-elle déclaré. La Cuidar Assistência, qui mise sur l’accompagnement humain dans les moments les plus difficiles, voit dans cette telenovela une légitimation inattendue de sa philosophie.
Pourtant, le lien entre la série et la réalité ne s’arrête pas là. La telenovela, écrite par Walcyr Carrasco et Claudia Souto, explore des thèmes chers à l’entreprise : la résilience face à l’adversité, le soutien aux proches en détresse, et cette idée que “prendre soin” dépasse le cadre professionnel pour devenir une éthique de vie. Une synchronicité qui n’a pas échappé aux habitants de Pará de Minas, où des discussions animées ont éclaté sur les réseaux sociaux : certains y voient une forme de “marketing culturel” involontaire, tandis que d’autres saluent une belle convergence entre une fiction et une réalité locale.
L’auteur de la telenovela : quand la fiction naît d’une chute et de la rééducation
Derrière le succès de Qui aime, prend soin se cache une histoire personnelle bouleversante. Walcyr Carrasco, l’un des scénaristes les plus acclamés de la Globo, a révélé dans une interview exclusive à Terra que le personnage d’Arthur Brandão, interprété par Antonio Fagundes, est directement inspiré de son propre parcours après une grave chute en 2023.
**”Je me suis inspiré de moi-même parce que j’ai cassé la jambe et je suis tombé. Le travail des kinésithérapeutes a été fondamental pour retrouver mes mouvements. J’ai vécu un peu dans la peau de Fagundes pour écrire ce personnage.
“Je me suis inspiré de moi-même parce que j’ai cassé la jambe et je suis tombé, et le travail des physiothérapeutes a été fondamental pour récupérer les mouvements. J’ai vécu un peu dans la peau de Fagundes pour écrire ce personnage. Ensuite commence une histoire d’amour, de lutte et de dépassement, c’est important comme enseignement de vie.”
Ana Maria Braga Quem Ama Cuida
Cette confession éclaire la profondeur psychologique du personnage d’Arthur Brandão, un homme d’affaires millionnaire rongé par la douleur physique et les séquelles d’un accident. Dans la série, son parcours de rééducation, marqué par des relations tendues avec les professionnels de santé, reflète les défis réels que Carrasco a surmontés. “La kinésithérapie n’est pas seulement un traitement médical, c’est une renaissance”, explique-t-il, soulignant comment cette expérience a transformé sa vision de l’écriture.
La telenovela, diffusée dans le créneau des 21h (équivalent des 9h du matin en version originale), met en scène une physiothérapeute, Adriana (Letícia Colin), qui devient le pilier émotionnel d’Arthur. Leur relation, construite sur la confiance et le soin mutuel, illustre le thème central de la série : “prendre soin” comme acte d’amour, bien au-delà des protocoles médicaux. Une approche qui résonne particulièrement avec le public brésilien, en pleine redécouverte des valeurs communautaires après des années de polarisation politique.
Antonio Fagundes : le retour triomphal d’un acteur qui incarne la résilience
Le choix d’Antonio Fagundes pour incarner Arthur Brandão n’est pas anodin. L’acteur, déjà légendaire pour ses rôles dans des telenovelas comme Totalmente Demais (1995), revient à la Globo après une absence de trois ans, marquant un comeback symbolique. À 59 ans, il incarne avec justesse la complexité d’un homme brisé par la douleur mais déterminé à se reconstruire.
FULL EPISODE OF QUEM AMA CUIDA: WEDNESDAY 04/20 #quemamacuida
Dans une interview accordée à Terra, Carrasco a expliqué que Fagundes avait immédiatement saisi l’essence du personnage : “Il a compris que ce n’était pas juste une histoire de rééducation, mais une métaphore de la vie. Arthur doit apprendre à se laisser aider, et c’est là que réside la véritable transformation.”
Ce retour à l’écran s’inscrit dans une tendance plus large : la Globo mise sur des acteurs expérimentés pour ses nouvelles productions, après des années de succès avec des talents comme Malvino Salvador ou Susana Vieira. Fagundes, dont la carrière s’étend sur près de 40 ans, devient ainsi le visage d’une telenovela qui célèbre la maturité et l’expérience, loin des clichés des jeunes premiers.
Un phénomène culturel qui dépasse la fiction : l’impact de “Qui aime, prend soin”
En seulement dix jours de diffusion, Qui aime, prend soin a enregistré des audiences records, devenant la telenovela la plus regardée de l’année sur la Globo. Les réseaux sociaux explosent de discussions sur le personnage d’Arthur, avec des internautes partageant leurs propres expériences de rééducation ou de soutien familial. Le hashtag #QuemAmaCuida est devenu viral, associé à des messages de solidarité et de partage.
Cette résonance émotionnelle s’explique en partie par le contexte brésilien actuel. Après des années de crises économiques et sanitaires, les thèmes abordés par la série – la solidarité, la résilience, et l’importance du lien humain – répondent à un besoin de réconfort. “Dans un pays où l’individualisme a souvent pris le pas sur l’entraide, cette telenovela arrive comme un baume”, analyse un sociologue interrogé par Rádio Santa Cruz FM.
cluster (priority): Terra
Par ailleurs, le lien avec Pará de Minas a suscité un engouement local inédit. Des habitants de la ville ont organisé des visites guidées pour montrer l’entreprise Cuidar Assistência, tandis que des commerçants ont adopté le slogan “Qui aime, prend soin” sur leurs enseignes. “C’est comme si notre ville était devenue un personnage à part entière de la série”, confie Janaína Medina, qui envisage même de collaborer avec la production pour des actions caritatives.
Sur le plan médiatique, cette telenovela s’inscrit dans une stratégie plus large de la Globo pour réconcilier le public avec le genre, souvent critiqué pour son côté mélodramatique. En misant sur des histoires ancrées dans le réel – comme celle de Carrasco – et en s’appuyant sur des acteurs emblématiques, la chaîne semble avoir trouvé la recette pour séduire un public en quête d’authenticité.
Et demain ? Les défis et les opportunités de la série
Alors que Qui aime, prend soin entame son deuxième mois de diffusion, plusieurs questions se posent. La série pourra-t-elle maintenir son rythme narratif sans sacrifier sa profondeur émotionnelle ? Comment la Globo capitalisera-t-elle sur ce succès, notamment à l’export, où les telenovelas brésiliennes peinent souvent à percer ?
Un élément clé sera la gestion des attentes du public. Les premiers épisodes ont mis en avant des thèmes universels, mais les rebondissements à venir devront éviter les clichés du genre. “Le vrai défi, ce n’est pas de faire pleurer le public, mais de le faire réfléchir”, souligne un critique télévisuel. La série aborde déjà des sujets sensibles comme la dépendance affective ou les conflits familiaux, qui pourraient être exploités pour approfondir les personnages.
Sur le plan économique, la Globo pourrait tirer parti de cette popularité pour développer des produits dérivés, comme des livres inspirés de la série ou des partenariats avec des marques liées à la santé et au bien-être. Le lien avec Pará de Minas offre également une opportunité touristique : la ville pourrait voir affluer des visiteurs souhaitant découvrir les lieux emblématiques de la telenovela, à l’image de ce qui s’est produit avec Cidade Alerta dans les années 2000.
Enfin, une question reste en suspens : cette telenovela marquera-t-elle un tournant pour le genre, ou restera-t-elle une exception ? “Si la Globo arrive à prouver que les telenovelas peuvent être à la fois divertissantes et porteuses de messages forts, cela pourrait redéfinir les standards du secteur”, estime un expert du divertissement. Pour l’instant, une chose est sûre : Qui aime, prend soin a déjà réussi ce que peu de séries osent – transformer une tragédie personnelle et une devise locale en un phénomène culturel national.