Ukraine : Un miroir pour l’europe, un appel à la résistance – Karl Schlögel reçoit le Prix de la paix
Francfort – L’historien allemand Karl Schlögel a dédié son Prix de la paix, remis récemment, à l’Ukraine, soulignant le rôle crucial du pays dans la défense des valeurs européennes face à l’agression russe. Dans un discours percutant, Schlögel a décrit l’Ukraine comme une « Europe à petite échelle », un carrefour d’expériences historiques – des révolutions aux guerres mondiales, en passant par les tragédies de l’Holodomor et de l’Holocauste – qui ont finalement conduit à son indépendance.
Schlögel a mis en lumière la manière dont la Russie exploite les faiblesses perçues de l’Occident, notamment son auto-critique, pour semer le doute et la division. Il a noté un regain d’intérêt pour des œuvres pessimistes comme “Le Déclin de l’Occident” de Spengler, reflétant un climat de vulnérabilité que la Russie cherche à instrumentaliser. La guerre en Ukraine, selon Schlögel, est non seulement un conflit militaire, mais aussi une « guerre des esprits », visant à manipuler les émotions et les peurs pour déstabiliser l’Europe.
Loin de se retrancher dans la contemplation, Schlögel appelle à une nouvelle approche intellectuelle, inspirée par la résistance ukrainienne. Il voit dans l’Ukraine un modèle de courage et de résilience, un rappel des fondements de l’Europe et de la nécessité de les défendre. “Ils sont le miroir dans lequel nous nous regardons”, a-t-il déclaré, soulignant que les Ukrainiens, en surmontant leur propre peur, lancent un message puissant : “N’ayez pas peur”.
Ce discours intervient à un moment charnière de l’histoire européenne, où la question de la sécurité et de l’identité est plus pressante que jamais. L’Ukraine, par sa lutte pour la liberté et l’indépendance, incarne une leçon fondamentale : la capacité à résister face à l’oppression est essentielle à la préservation des valeurs démocratiques et de la paix.
L’Holodomor, la famine artificielle orchestrée par le régime soviétique dans les années 1930, reste une cicatrice profonde dans l’histoire ukrainienne, un rappel brutal des dangers du totalitarisme. De même, l’Holocauste, qui a dévasté les communautés juives à travers l’Europe, y compris en Ukraine, souligne l’importance de la vigilance face à la haine et à l’intolérance.
La guerre actuelle en Ukraine n’est donc pas seulement un conflit régional, mais un test pour l’ensemble de l’Europe. Elle exige une réponse ferme et unie, fondée sur la solidarité et le respect des principes fondamentaux de la démocratie et du droit international. Le message de Schlögel, à travers son dévouement du Prix de la Paix à l’Ukraine, est clair : la paix ne peut être atteinte sans courage, sans résistance et sans une profonde compréhension des leçons du passé.
