Sécurité diplomatique : Un employé d’un hôtel de luxe à Kampala inculpé pour le vol d’un cadeau destiné au président sud-soudanais
KAMPALA — L’image de prestige du Kampala Serena Hotel, établissement de référence pour le corps diplomatique et les chefs d’État en Ouganda, est sérieusement entachée. Un employé de l’hôtel a été placé en détention à la prison de Luzira, accusé d’avoir dérobé une somme importante destinée à l’achat d’un cadeau de luxe pour le président du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit.
L’accusé, William Ssemata, âgé de 39 ans et exerçant la fonction de bagagiste, a comparu lundi devant le tribunal du Chief Magistrate de Buganda Road. Le magistrat de première classe, Rophine Achayo, a ordonné son placement en détention provisoire tandis que l’enquête se poursuit. Ssemata est formellement inculpé de vol, en violation des articles 237(1) et 244 de la loi pénale (Penal Code Act).
Un "angle mort" fatal dans la surveillance
L’affaire repose sur la plainte du brigadier Aaron Jeremiah Balla, un haut officier militaire sud-soudanais. Selon les documents de l’accusation présentés par l’avocate de l’État, Grace Amy, le brigadier Balla était arrivé en Ouganda en provenance de Malaisie le 12 avril dernier.
À son arrivée à l’aéroport international d’Entebbe, l’officier transportait plus de 46 millions de shillings ougandais. Une part de cette somme, s’élevant à environ 45 millions de shillings (soit 12 000 dollars), était spécifiquement réservée à l’acquisition d’une montre-bracelet de luxe destinée au président Salva Kiir.
Le vol aurait eu lieu lors du transfert des bagages vers la chambre du client. Les enquêteurs ont établi que trois valises et un sac à main ont été réceptionnés et contrôlés par le personnel, dont M. Ssemata, qui a été chargé de les acheminer en chambre.
L’analyse des images de vidéosurveillance (CCTV) a révélé que le bagagiste a emprunté l’ascenseur seul avec les effets personnels du brigadier Balla. Toutefois, l’absence de caméras à l’intérieur de l’ascenseur a créé un "angle mort" critique, période durant laquelle les fonds auraient disparu.
Une faille de sécurité préoccupante
Le rapport interne de l’hôtel a été déterminant. Moses Olowo, responsable adjoint de la sécurité de l’établissement, a indiqué que les vérifications internes et l’analyse technique désignaient Ssemata comme le seul membre du personnel ayant eu un accès direct aux bagages avant qu’ils n’atteignent la chambre du client.

Après ces conclusions, l’employé a été appréhendé et remis à la police le 18 avril.
Ce dossier soulève des interrogations majeures sur les protocoles de sécurité interne d’un établissement cinq étoiles qui accueille régulièrement des personnalités de haut rang et des délégations militaires. Pour les institutions internationales et les diplomates, la garantie de la sécurité des biens est un pilier fondamental de la confiance accordée aux infrastructures hôtelières de luxe.
William Ssemata doit comparaître à nouveau le 13 mai devant le Chief Magistrate Ritah Neumbe Kidasa pour plaider.
