Le Maroc a lancé à Laâyoune, entre le 30 juin et le 2 juillet 2026, la 12e édition de l’exercice national Simulex 2026. Présidé par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, cet entraînement simule l’activation du Plan d’urgence national contre la pollution marine accidentelle pour tester la coordination des secours.
Le déploiement tactique de Simulex 2026 à Laâyoune
Photo: برلمان.كوم
L’opération s’est concentrée sur trois zones critiques : le large des côtes, le port de Laâyoune et la plage Tachmatach. Selon Medias24, l’exercice vise à éprouver les capacités d’intervention rapide face à des déversements d’hydrocarbures ou de substances dangereuses.
Le commandement est scindé en deux pôles. Un poste national est établi au siège du Département du développement durable à Rabat, tandis qu’un poste local opère depuis la wilaya de la région Laâyoune-Sakia El Hamra, sous l’autorité du wali de la région.
La répartition des rôles sur le terrain suit une logique sectorielle stricte :
En mer : La Marine royale dirige les opérations, avec l’appui des Forces royales air et de la Gendarmerie royale.
À terre : La Direction générale de la Protection civile mène les interventions, soutenue par les autorités locales et la Gendarmerie royale.
Au port : L’Agence nationale des ports assure la gestion des opérations.
Cette mobilisation massive inclut des représentants de plusieurs pays africains et des membres de l’Initiative 5+5 Défense, intervenant en qualité d’observateurs.
L’enjeu stratégique du littoral atlantique et méridional
Photo: Ministère des Armées
Le choix de la région Laâyoune-Sakia El Hamra n’est pas fortuit. Selon Barlamane, cette localisation reflète l’importance stratégique des provinces du Sud dans le développement de la façade atlantique. Le Maroc gère plus de 3 500 kilomètres de côtes, une étendue exposée à une intensification du trafic maritime international, notamment le transport de produits pétroliers.
La ministre Leila Benali a rappelé que ces zones abritent des écosystèmes fragiles et une biodiversité remarquable, essentielles pour la pêche, l’écotourisme et les énergies renouvelables. L’intensification du trafic accroît mécaniquement les menaces côtières.
Pour structurer cette réponse, le Royaume s’appuie sur deux piliers réglementaires :
Instrument
Date d’adoption/fréquence
Objectif principal
Plan d’urgence national (PUN)
Exercice tous les 2 ans
Évaluer la préparation et l’efficacité de la coordination terrain.
Plan national du littoral
2022
Planification intégrée des espaces côtiers et adaptation climatique.
Coopération bilatérale et interopérabilité avec la France
Laayoune Hosts National Exercise SIMULEX 2026 to Combat Marine Pollution
Parallèlement aux exercices nationaux, le Maroc renforce ses liens techniques avec la France. Le 26 juin 2026, un exercice conjoint a été lancé pour améliorer la réponse coordonnée face aux risques écologiques, particulièrement dans la zone stratégique du détroit de Gibraltar.
Comme le rapporte le Ministère des Armées, cette collaboration repose sur l’expertise du Centre d’expertise pratique de lutte anti-pollution (CEPPOL) de la Marine nationale française et du Centre de lutte antipollution (CELAP) marocain.
Les manœuvres, centrées sur Casablanca, ont impliqué le navire le Rhône et l’OPV Rais Charkaoui. L’un des points techniques majeurs a été le déploiement d’un paravane fourni par la cellule antipollution du service des moyens portuaires de Brest, un équipement jugé déterminant pour l’efficacité des barrages antipollution en mer.
L’objectif est l’interopérabilité. Selon La Vérité, le partage de protocoles d’intervention permet de garantir que toute pollution soit contenue avant d’atteindre les littoraux, transformant les deux pays en piliers de la protection environnementale en Méditerranée.
L’intégration du Maroc dans les cadres internationaux
La réponse marocaine ne s’arrête pas aux frontières nationales ou bilatérales. Le pays inscrit son action dans le cadre de l’Accord de Lisbonne, dédié à la protection des côtes et des eaux de l’Atlantique Nord-Est. Ce traité organise l’entraide entre États lorsque l’ampleur d’un accident dépasse les capacités d’un seul pays.
L’exercice Simulex 2026 sert donc de test de stress pour vérifier si les administrations et les forces publiques peuvent appliquer sans délai les procédures prévues. L’ambition affichée est de concilier les exigences économiques des régions côtières avec la préservation des milieux marins.
En mobilisant simultanément des moyens maritimes, terrestres et aériens, le Maroc cherche à muscler sa résilience face à un risque permanent : celui d’une catastrophe écologique majeure liée à l’augmentation du flux de matières dangereuses traversant ses eaux.