Le coût moyen mondial du carburant a grimpé à 1,52 $ le litre en mai 2026, contre 1,49 $ le mois dernier. Cette tendance haussière affecte notamment la Tunisie, le Niger, le Nigeria, le Gabon et l’Éthiopie, dont les prix ont augmenté alors que les conflits en Iran perturbent les flux énergétiques mondiaux.
L’économie africaine fait face à une nouvelle salve de pressions inflationnistes ce mois de mai 2026. Si certains marchés parviennent à maintenir des prix bas, une tendance à la hausse s’installe dans plusieurs États clés, révélant la fragilité des mécanismes d’approvisionnement du continent face aux crises géopolitiques extérieures.
L’instabilité du détroit d’Ormuz et le choc énergétique
La progression des prix à la pompe en Afrique ne résulte pas d’une dynamique interne, mais d’une rupture des flux logistiques mondiaux. La guerre actuelle en Iran a provoqué des interruptions majeures sur les routes maritimes critiques, et plus spécifiquement au niveau du détroit d’Ormuz. Ce corridor, essentiel pour le transit mondial du pétrole, est devenu le point de rupture d’un système d’approvisionnement déjà tendu.
L’interruption de ces routes a entraîné une hausse immédiate des coûts du carburant à l’échelle globale. Pour les nations africaines, cette situation expose une vulnérabilité structurelle : la majorité d’entre elles importent une part massive de leurs produits pétroliers raffinés. Lorsque les prix mondiaux grimpent, l’effet se transmet quasi instantanément aux économies locales, augmentant les coûts de transport et, par extension, le prix des biens de consommation courante.
Volatilité des prix en Afrique du Nord et subsaharienne
L’analyse des données de mai 2026 montre une disparité dans la réaction des marchés. Alors qu’une partie des pays enregistrant les prix les plus bas du continent ont maintenu leurs tarifs, cinq nations ont vu leurs coûts augmenter : la Tunisie, le Niger, le Nigeria, le Gabon et l’Éthiopie.
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Le cas du Nigeria est particulièrement symptomatique des tensions internes qui s’ajoutent au choc externe. Le pays traverse une période d’instabilité réglementaire et judiciaire concernant ses licences d’importation de carburant. À ce titre, Aliko Dangote a récemment déposé une nouvelle plainte contre l’État nigérian, quelques mois seulement après avoir retiré un recours de 100 milliards de nairas portant sur ces mêmes licences.
Cette friction entre le secteur privé et le gouvernement nigérian complique la gestion des prix à la pompe, rendant le marché national encore plus sensible aux fluctuations du cours mondial. En Tunisie et en Éthiopie, les hausses observées ce mois-ci reflètent une incapacité croissante des mécanismes de subvention ou de régulation à absorber les chocs provenant du Moyen-Orient.
La dépendance aux importations comme vecteur d’inflation
Le mécanisme de transmission des prix est direct et brutal. L’augmentation du coût du baril et des frais de raffinage se traduit par une hausse des coûts de transport intérieur. Dans des économies où la logistique routière est prédominante, cette inflation des carburants agit comme un multiplicateur de prix pour l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

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Cette situation exerce une pression immédiate sur le revenu des ménages. Les gouvernements se retrouvent face à un dilemme : augmenter les prix pour réduire le déficit budgétaire lié aux subventions, ou maintenir des prix artificiellement bas au risque d’épuiser les réserves de change.
L’impact économique est d’autant plus sévère que les mesures de soulagement, même modestes, sont rares. La réduction des prix du carburant est souvent le seul levier rapide pour limiter la pression inflationniste, mais dans le contexte actuel de conflit iranien, les marges de manœuvre des États africains sont extrêmement réduites.
Perspectives et risques systémiques
L’évolution des prix pour le reste du semestre dépendra essentiellement de la résolution ou de l’intensification des combats en Iran. Tant que la sécurité du détroit d’Ormuz ne sera pas garantie, les pays importateurs de produits raffinés resteront à la merci des chocs externes.
L’incertitude plane sur la capacité des États à stabiliser leurs marchés intérieurs. L’exemple du Nigeria montre que même les pays producteurs de brut ne sont pas immunisés si leur capacité de raffinage locale est entravée par des conflits juridiques ou administratifs. La tendance observée en mai 2026 souligne l’urgence pour le continent de diversifier ses sources d’approvisionnement et d’accélérer le développement d’infrastructures de raffinage autonomes pour briser ce cycle de dépendance.
