Nouvelle réglementation sur la fièvre aphteuse autorise la vaccination proactive en Afrique du Sud
L’Afrique du Sud a franchi une étape majeure dans la lutte contre la fièvre aphteuse avec la publication officielle de la section 9 du règlement sur la maladie, une mesure saluée par les acteurs de l’industrie bovine pour son potentiel de soulagement économique. Cette nouvelle réglementation permet désormais une approche proactive de la vaccination, levant les obstacles qui empêchaient jusqu’ici les producteurs de protéger leurs troupeaux sans perdre leur accès aux marchés.

Un changement de paradigme pour la filière bovine
Auparavant, les producteurs qui vaccinaient leurs troupeaux de manière préventive, en dehors des zones de quarantaine, étaient exclus de la participation économique, car leurs animaux étaient classés comme positifs à la fièvre aphteuse. Selon Roelie van Reenen, responsable de la chaîne d’approvisionnement du groupe Beefmaster, ce nouveau cadre réglementaire met fin à cette exclusion. « Le nouveau cadre répond à ce défi », a-t-il déclaré, soulignant que cette avancée permet aux parties prenantes d’opérer différemment, d’accéder à de nouveaux marchés et de gérer l’approvisionnement en bétail sur des bases scientifiques actualisées. Cette réglementation intègre les recommandations d’une étude menée par la professeure Armanda Bastos de l’Université de Pretoria, en collaboration avec les Red Meat Industry Services (RMIS). Ces conclusions ont conduit à la suppression d’exigences coûteuses, telles que le désossage et le retrait des glandes obligatoires, qui imposaient des charges financières lourdes sans pour autant limiter efficacement la propagation de la maladie.
Vers une stratégie de vaccination nationale
Le ministre de l’Agriculture, John Steenhuisen, a confirmé que ces vaccins constituent un pilier central de la stratégie gouvernementale visant à vacciner proactivement le cheptel national, composé de plus de 14 millions de bovins. Dans le cadre de cette stratégie, le gouvernement a organisé l’importation de doses à haute puissance, notamment via un accord avec le laboratoire Biogénesis Bagó en Argentine.
Traçabilité et rigueur opérationnelle
La nouvelle réglementation encourage également une modernisation des outils de gestion. Dewald Olivier, PDG de Red Meat Industry Services, a qualifié ces mesures de « tournant » pour le secteur. Malgré ces avancées, les professionnels insistent sur le fait que la lutte est loin d’être terminée. Roelie van Reenen a précisé que les principes de biosécurité ne seront pas assouplis, le danger restant réel. L’industrie réfléchit désormais à la possibilité de s’approvisionner elle-même en vaccins pour accroître son agilité, plutôt que de dépendre uniquement des stocks gouvernementaux.
Enjeux économiques et défis persistants
Le secteur de la viande rouge, évalué à 80 milliards de rands (environ 5 milliards de dollars), a subi des pressions considérables depuis 2019, avec une multiplication des foyers d’infection. Cependant, des tensions subsistent concernant la mise en œuvre. Des organisations comme la Southern African Agricultural Initiative (SAAI) ont exprimé des préoccupations quant à la distribution des doses, affirmant que des retards administratifs empêchent les vaccins d’atteindre rapidement les fermes. Le débat porte également sur la nécessité d’une décentralisation permettant aux agriculteurs d’accéder directement aux vaccins via des fournisseurs privés, ce qui, selon certains, accélérerait la couverture vaccinale du cheptel national. Malgré ces défis logistiques, le secteur exprime un sentiment d’espoir. Comme l’a souligné Dewald Olivier, ces règles offrent enfin une certitude et un chemin clair pour rétablir les opérations normales, garantissant que les moyens de subsistance des agriculteurs et la valeur des chaînes de production soient mieux protégés face aux futures menaces sanitaires.
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