Colombie : Les agriculteurs s’opposent à une nouvelle politique foncière jugée socialiste
Bogota, Colombie – Une vague de protestations monte en Colombie face à une nouvelle politique foncière promue par le gouvernement actuel, perçue par de nombreux agriculteurs comme une menace à leur liberté économique et à la sécurité alimentaire du pays. Au cœur du débat se trouve l’imposition d’aires de protection agricole et forestière (APPA) centralisées, accusées de vouloir socialiser les terres agricoles.
selon des sources locales, le gouvernement identifie des dizaines de milliers d’hectares dans plusieurs régions du pays – La Guajira, la savane de Bogotá, l’Antioquia et le Tolima – pour les désigner comme APPA. L’objectif affiché est de réguler l’utilisation des terres, mais les agriculteurs craignent que cela ne se traduise par un contrôle accru de l’État sur leurs exploitations et leurs décisions de production.
“Ce qui doit guider les décisions concernant les terres, c’est la valeur perçue par les agriculteurs, et non un bureaucrate de Bogotá”, a déclaré un porte-parole d’une association agricole locale. “L’agriculture est risquée et les agriculteurs ont besoin de liberté pour s’adapter aux fluctuations des prix, aux conditions climatiques et aux avancées technologiques.”
Sécurité alimentaire et revenus ruraux en jeu
Cette controverse intervient dans un contexte de vulnérabilité économique pour de nombreux agriculteurs colombiens. La FAO estime que les revenus ruraux non agricoles représentent près de 40% du revenu total des ménages, soulignant la difficulté pour de nombreux agriculteurs de vivre uniquement de la production agricole. Le coût élevé des intrants agricoles et le manque d’accès au crédit obligent les familles à diversifier leurs sources de revenus.
La politique APPA est perçue comme une entrave supplémentaire à cette diversification et à la capacité des agriculteurs à générer des revenus stables. Les maires de plusieurs municipalités du nord du Tolima se sont publiquement opposés à l’submission de l’APPA, rejoignant ainsi le mouvement de résistance croissant.
Un débat sur le modèle agricole colombien
Ce conflit met en lumière un débat plus large sur le modèle agricole colombien. les critiques de la politique gouvernementale soulignent l’importance de la liberté économique pour les agriculteurs et la nécessité de prendre en compte leurs besoins et leurs perspectives. Ils craignent que l’imposition d’une planification centralisée ne conduise à une baisse de la productivité et à une insécurité alimentaire accrue.
L’avenir de cette politique et son impact sur l’agriculture colombienne restent incertains. La mobilisation des agriculteurs et le soutien des maires locaux pourraient jouer un rôle crucial dans la détermination de l’issue de ce conflit. L’enjeu est de taille : il s’agit de préserver la viabilité économique des communautés rurales et de garantir la sécurité alimentaire de la Colombie.
