Les marchés asiatiques en chute libre après les frappes américaines en Iran, l’énergie sous tension
TOKYO – Les marchés boursiers asiatiques subissent de fortes pressions ce lundi, conséquence des frappes massives lancées la semaine dernière par l’administration Trump contre l’Iran. Les inquiétudes grandissent quant à une escalade du conflit dans le Golfe persique et à un choc brutal sur les marchés de l’énergie.
L’indice Nikkei 225 du Japon a plongé de 5,2%, tandis que le KOSPI de Corée du Sud a chuté de 6,2%. Le VN-Index vietnamien accuse une baisse d’environ 5,7%. D’autres places asiatiques ont également reculé, bien que dans une moindre mesure : l’indice Hang Seng de Hong Kong a perdu 1,8% et le NIFTY 50 indien est en baisse de 2,5% en début de journée.
Ces baisses s’ajoutent à un glissement déjà important des marchés asiatiques depuis le début des frappes américaines. Le KOSPI a perdu plus de 16% depuis le début de la guerre en Iran. Le Nikkei 225 et l’ASX 200 australien ont quant à eux reculé d’environ 10% et 6% respectivement sur la même période.
La situation est exacerbée par la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran la semaine dernière, paralysant les exportations de pétrole de la région. La Corée du Sud importe environ 70% de son pétrole brut du Moyen-Orient, et le Japon en dépend à hauteur de 90%. Le prix du pétrole brut WTI a brièvement dépassé les 115 dollars le baril ce lundi matin.
Ce choc énergétique a inversé la tendance haussière observée sur les valeurs technologiques asiatiques, notamment celles liées à l’intelligence artificielle, qui avaient connu un essor ces dernières semaines. Les géants sud-coréens de la puce mémoire, Samsung Electronics et SK Hynix, ont vu leur valorisation combinée dépasser celle d’Alibaba et Tencent avant le conflit. Ils ont depuis perdu environ 20% de leur valeur.
La Chine, en revanche, semble moins affectée que ses voisins, grâce à sa planification énergétique à long terme et à ses importantes réserves de pétrole. L’indice CSI 300, qui suit les actions cotées à Shanghai et Shenzhen, n’a perdu que 2,3% depuis le début de la guerre.
Selon William Bratton, analyste chez BNP Paribas, la Chine pourrait même bénéficier d’un désinvestissement des marchés du nord-est asiatique si la situation au Moyen-Orient persiste.
Les marchés américains ont pour l’instant mieux résisté, le S&P 500 n’ayant reculé que de 2% la semaine dernière, en partie grâce au statut des États-Unis de grand producteur de pétrole. Cependant, les contrats à terme sur le S&P 500 sont en baisse d’environ 1,5% à 2h00 du matin, heure de l’Est, suggérant que les investisseurs américains pourraient commencer à prendre conscience de l’ampleur des répercussions économiques de la guerre en Iran.
Malgré ce repli à court terme, les analystes de Goldman Sachs encouragent les investisseurs à considérer la baisse du KOSPI dans le contexte d’une augmentation exceptionnelle de 176% depuis avril 2025, anticipant une reprise après une période de consolidation.
Eli Lee, stratégiste en chef des investissements à la Bank of Singapore, estime que les événements géopolitiques n’ont généralement pas d’impact négatif prolongé sur les prix des actions, sauf en cas de choc pétrolier.
