L’économie de plein air américaine face à un tournant après les coupes budgétaires de Trump
WASHINGTON (AP) – L’engouement des Américains pour les activités de plein air, un moteur économique puissant ces dernières années, pourrait ralentir en raison des coupes budgétaires drastiques imposées par l’administration Trump aux agences fédérales chargées de la gestion des terres publiques.
En 2024, l’économie de plein air a généré 1,3 billion de dollars de production économique et a soutenu 5,2 millions d’emplois aux États-Unis, selon des chiffres publiés par le Bureau d’analyse économique (BEA). Cette activité représentait 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) américain. Dans certains États ruraux comme le Montana, le Wyoming et le Vermont, elle contribuait à plus de 4,7 % du PIB. Hawaï, où le plein air est particulièrement important, a vu son économie stimulée à hauteur de 6,1 % et a créé 51 000 emplois, soit près de 8 % de sa main-d’œuvre.
Les parcs nationaux, en particulier, ont attiré un nombre record de visiteurs en 2024, générant 56,3 milliards de dollars de retombées économiques, 340 000 emplois et 29 milliards de dollars de recettes pour les régions avoisinantes. L’ensemble des activités de plein air sur les terres et les eaux publiques a apporté en moyenne 351 millions de dollars à l’économie chaque jour.
Cependant, cette dynamique positive a été compromise avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Dès 2025, l’administration a mis en œuvre une politique de réduction des dépenses, ciblant notamment le National Park Service, le Bureau of Land Management et le Forest Service.
En février 2025, plus de 1 000 employés temporaires du National Park Service ont été licenciés, un événement qualifié de "massacre de la Saint-Valentin" par certains employés. Au total, le service a perdu 24 % de ses effectifs permanents en raison de départs forcés, de rachats et d’un gel des embauches.
Bien qu’une proposition initiale de réduction de 1,2 milliard de dollars du budget du National Park Service ait été rejetée par le Congrès en janvier 2026, les coupes budgétaires passées pèsent déjà sur le système des parcs nationaux, entraînant un manque de personnel et une diminution de la qualité de l’expérience des visiteurs.
"Avec 25 % de personnel en moins, vous n’obtiendrez pas la même expérience dans les parcs", explique Cassidy Jones, de la National Parks Conservation Association. "Vous n’aurez pas les mêmes offres et programmes sur ces lieux qui en ont besoin, car il manque du personnel."
Les conséquences pourraient être sévères pour les économies locales, en particulier pour les petites entreprises des communautés proches des parcs nationaux. Une étude de 2023 a révélé que la désignation d’un parc peut entraîner une augmentation de 6 % des revenus et de 4 % de l’emploi dans les comtés voisins en l’espace de quatre ans.
Megan Lawson, économiste chez Headwaters Economics, souligne que "ces coupes dans le secteur public représentent un risque réel pour toutes ces entreprises du secteur privé."
Les premiers signes de ce ralentissement sont déjà visibles. Le nombre de visiteurs dans les parcs nationaux a diminué de près de 9 millions en 2025, atteignant 323 millions de visiteurs, contre 332 millions en 2024.
L’avenir de l’économie de plein air américaine reste incertain, mais il est clair que les décisions politiques actuelles auront un impact significatif sur ce secteur vital de l’économie.
