« Une partie de moi m’a été arrachée » : le combat d’une famille après la mort tragique de leur fils
SAN DIEGO – « C’était littéralement tout pour moi. » Les mots de Cathal Kerr sont ceux d’un père brisé. En juillet dernier, son fils de quatre ans, Ronan, jouait dans un parc de San Diego lorsque sa vie a été fauchée. Une semaine après qu’une branche d’eucalyptus de plus de dix mètres s’est abattue sur lui, le petit garçon a succombé à ses blessures.
Aujourd’hui, ses parents, Cathal et Dara Kerr, portent le deuil d’un enfant qu’ils décrivent comme une « lumière vive » destinée à changer le monde. Pour que sa mort ne soit pas vaine, ils ont engagé une action en justice contre la ville de San Diego et son arboriculteur, Atlas Tree Service, afin de sensibiliser le public et d’éviter qu’une autre famille ne vive une telle tragédie.
Un après-midi au parc qui vire au cauchemar
Quelques minutes avant le drame, une vidéo montrait Ronan et son grand frère s’amusant à se battre avec des bâtons au Villa La Jolla Park. Un moment de joie enfantine, brutalement interrompu. « Soudain, j’ai entendu un craquement et des gens crier », raconte Cathal Kerr. « Par instinct, j’ai poussé mon fils aîné et une autre fille pour les écarter, puis j’ai mis mes mains autour de Ronan. Le souvenir suivant est de me réveiller sur le sol à côté de lui. »
Dans un acte réflexe héroïque, le père a tenté de protéger son fils de l’impact, subissant lui-même de graves blessures. Des photos de son visage ensanglanté et tuméfié témoignent de la violence du choc. Les médecins lui ont confirmé des séquelles permanentes, notamment à la jambe, limitant sa capacité à jouer avec son fils aîné de sept ans.
Cette douleur physique s’ajoute à une peine insondable. « Je ne peux pas décrire à quel point je souffre », confie le père. « J’ai l’impression qu’une partie de mon corps m’a été enlevée, comme s’il me manquait un membre. »
L’eucalyptus, un arbre aussi emblématique que dangereux
La plainte déposée par la famille met en lumière un problème récurrent à San Diego, où les eucalyptus sont nombreux. Souvent surnommés « widowmakers » (faiseurs de veuves) en raison de leur tendance à perdre soudainement de lourdes branches, ces arbres sont au cœur de nombreux débats californiatreedesign.com. La plainte recense plus d’une trentaine d’incidents similaires depuis 1983.
Parmi les cas les plus médiatisés, on retrouve la mort d’un enfant de quatre ans près du zoo de San Diego en 1983, une femme blessée à Mission Bay Park en 2013, et l’effondrement d’un arbre sur quatre voitures sur le campus de l’UC San Diego en 2017. Bien qu’appréciés pour leur silhouette élancée et leur croissance rapide, certains eucalyptus présentent des inconvénients majeurs, notamment dans les zones résidentielles homata.fr. Ces arbres, non natifs de la région, peuvent devenir un réel danger sandiegoreader.com.
Une question de responsabilité publique
« Nous voulons attirer l’attention sur cette situation pour qu’aucune autre famille n’ait à endurer la douleur que nous traversons », explique Dara Kerr, la mère de Ronan. Au-delà des dommages financiers, la famille demande que tous les eucalyptus potentiellement dangereux situés à proximité des parcs et des écoles soient retirés ou mieux gérés.
Cette exigence de vigilance fait écho aux préoccupations des autorités publiques ailleurs dans le monde. Avec la multiplication des épisodes de vents violents, la gestion du patrimoine arboricole devient un enjeu de sécurité majeur. Comme le souligne la Fédération québécoise des municipalités, « un arbre mal entretenu peut présenter un danger pour les individus et les biens », et les municipalités se doivent d’être « plus vigilantes que jamais » dans leurs plans d’entretien fqm.ca.
Ronan aurait célébré son cinquième anniversaire le 2 décembre. Pour honorer sa mémoire, sa famille espère créer une fondation. « Si nous pouvons éviter à une autre famille de subir cette perte, cela en vaudra la peine », conclut son père. « Ronan serait vraiment fier de nous si nous maintenions son nom en vie de cette manière. »
Contactée pour une réaction, la ville de San Diego n’a pas commenté l’affaire en raison du litige en cours. L’arboriculteur n’a pas non plus retourné les appels.
