philippines : des officiers à la retraite de l’armée ont appelé à une intervention contre Marcos,mais l’AFP reste fidèle
Manille,Philippines – Des officiers à la retraite des Forces armées des Philippines (AFP) ont tenté de recruter des membres actifs pour une intervention contre l’management du président Ferdinand Marcos Jr., révélations faites par le chef d’état-major de l’AFP, le général Romeo Brawner Jr. Ces appels, qui ont inclus des suggestions allant d’un coup d’État à un retrait de soutien, ont été portés à l’attention de Marcos, mais n’ont pas abouti à une action concrète lors des manifestations du 21 septembre.
Selon Brawner, ces officiers à la retraite ont contacté leurs anciens commandants et les jeunes officiers en tentant de les inciter à “intervenir par plusieurs moyens”, y compris la formation d’une junte militaire ou la déstabilisation du gouvernement. L’objectif, selon les sources, serait une “réinitialisation” de la société philippine.
Malgré ces tentatives de recrutement, Brawner a affirmé que le professionnalisme de l’AFP a empêché toute adhésion à ces appels. “En tant que chef d’état-major, j’étais déjà convaincu qu’aucun des membres des forces armées ne tiendrait compte de l’appel par certains secteurs, par certains individus, à intervenir”, a-t-il déclaré.
Le président Marcos a exprimé sa confiance envers l’AFP, affirmant : “Je fais confiance à l’AFP, je vous fais confiance pour faire la bonne chose.”
Le secrétaire à la Défense nationale, gilberto Teodoro Jr., a également démenti l’existence d’un complot militaire actif. “Personne n’a planifié l’AFP. Beaucoup ont prié que quelqu’un ait prévu. Mais personne ne prévoyait sur l’AFP”, a-t-il insisté.
Ces révélations interviennent après une rencontre le 19 septembre entre Marcos et l’Association of Generals and Flag Officers (AGFO) ainsi que d’autres groupes, quelques jours avant les manifestations anti-corruption du 21 septembre, qui ont été marquées par des affrontements à Manille.
Contexte et enjeux :
Les Philippines ont une histoire marquée par des coups d’État militaires et des tentatives de déstabilisation politique. La loyauté des forces armées est donc un élément crucial de la stabilité du pays. L’AFP, après des décennies de turbulences, s’est efforcée de renforcer son professionnalisme et son respect des institutions démocratiques.
Les manifestations du 21 septembre, bien que principalement pacifiques, ont mis en lumière le mécontentement populaire face à la corruption et aux problèmes socio-économiques persistants. Les appels à une intervention militaire, bien qu’ayant échoué cette fois-ci, soulignent la fragilité de la situation politique et la nécessité pour l’administration Marcos de répondre aux préoccupations de la population et de maintenir la confiance des forces armées.La capacité du gouvernement à maintenir le dialogue avec les militaires et à garantir leur loyauté restera un facteur déterminant pour l’avenir politique des Philippines.
