Indonésie : Le ministre Bahlil défend le mélange éthanol-carburant face à l’opposition des importateurs
Jakarta, Indonésie – Le ministre indonésien de l’Investissement et du Commerce, Bahlil Lahadalia, a fermement défendu la politique du gouvernement indonésien d’incorporer de l’éthanol dans le carburant, malgré la résistance des importateurs de pétrole. Cette initiative,qui vise à réduire la dépendance du pays aux importations d’essence,suscite une vive controverse.
Selon Bahlil, l’idée de mélanger l’éthanol au carburant n’est pas une spécificité indonésienne, mais une approche adoptée à l’échelle mondiale par des scientifiques pétroliers. Il a souligné que le Brésil utilise déjà du diesel B30 (30% de biodiesel), tandis que l’Inde et la Thaïlande ont opté pour un mélange B10 (10% de biodiesel).
Le principal point de friction réside dans l’impact de cette politique sur les quotas d’importation d’essence. Bahlil a expliqué que l’augmentation de la proportion d’éthanol dans le carburant réduirait progressivement le besoin d’importer de l’essence, ce qui affecterait directement les profits des importateurs. “Ils ne veulent pas que l’Indonésie réduise ses importations et nous continuerons à importer,importer et importer”,a-t-il déclaré.
Contexte et enjeux du mélange éthanol-carburant : une viewpoint globale
L’utilisation de l’éthanol comme additif carburant est une stratégie de plus en plus courante dans le monde entier, motivée par plusieurs facteurs :
* Sécurité énergétique : Réduire la dépendance aux importations de pétrole renforce l’indépendance énergétique d’un pays.
* Impact environnemental : L’éthanol, lorsqu’il est produit à partir de sources durables (comme la canne à sucre ou le maïs), peut réduire les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’essence fossile.
* Développement agricole : La production d’éthanol peut stimuler le secteur agricole en créant une demande pour les matières premières agricoles.
* avantages économiques : La production locale d’éthanol peut créer des emplois et stimuler la croissance économique.
Cependant, cette approche n’est pas sans défis. La production d’éthanol peut entrer en concurrence avec la production alimentaire, entraînant une hausse des prix des denrées alimentaires. De plus, la durabilité de la production d’éthanol dépend de la manière dont les matières premières sont cultivées et transformées.
L’Indonésie, riche en ressources agricoles potentielles pour la production d’éthanol (notamment la canne à sucre et le manioc), semble déterminée à poursuivre cette voie, malgré l’opposition des acteurs économiques qui bénéficient du statu quo. L’avenir de la politique énergétique indonésienne et son impact sur les importations de pétrole restent à suivre de près.
