Le Liban et Israël poursuivent ce mercredi 15 juillet 2026 une sixième série de négociations à Rome, sous médiation américaine, pour discuter de l’application de l’accord-cadre. Les pourparlers se concentrent sur un retrait israélien de deux zones pilotes, malgré la persistance de tensions militaires et de frappes sur le terrain.
Simon Karam et Yehiel Leiter dirigent les délégations à Rome
Le cadre des négociations à Rome
La capitale italienne accueille, pour le deuxième jour consécutif, des discussions directes entre les délégations libanaise et israélienne. Les pourparlers se tiennent au sein de l’ambassade américaine à Rome. La délégation libanaise est menée par l’ambassadeur Simon Karam, accompagné de l’ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamada Moawad, et du général Ziad Haykal, en qualité de conseiller du président Joseph Aoun. Côté israélien, la délégation est dirigée par l’ambassadeur de Tel-Aviv à Washington, Yehiel Leiter, avec la présence des représentants américains Dan Holer et Jay Menz.
L’implication américaine demeure centrale. La participation libanaise à cette sixième ronde a été confirmée après l’obtention de garanties liées à la présence et au parrainage direct des États-Unis, transformant le format des discussions en un cadre trilatéral. Le président Aoun a d’ailleurs donné des instructions précises à sa délégation pour insister sur le démarrage du retrait des zones pilotes avant toute autre négociation.
Gideon Sa’ar conditionne le retrait israélien à des garanties sécuritaires
Le point de blocage sur les zones pilotes
Le cœur des discussions porte sur l’évacuation de « deux zones pilotes » dans le sud du Liban, en contrepartie du déploiement de l’armée libanaise et de la mise en place de dispositifs de sécurité visant à empêcher tout retour d’une présence armée dans la zone frontalière. Les parties divergent sur les modalités de ce retrait et sur la nature des garanties sécuritaires exigées.
« Le côté libanais insiste pour que le retrait israélien soit la première étape sur laquelle sont construites les autres questions, tandis qu’Israël exige d’obtenir des garanties de sécurité et de finaliser des arrangements qui empêchent le retour du positionnement du Hezbollah avant de procéder au retrait », précise le rapport de Mc Doualiya.
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Israël exprime des réserves quant à l’étendue de ce retrait et à la capacité de l’armée libanaise à contrôler totalement la zone pour empêcher toute activité armée. De son côté, le Liban souhaite que ces deux zones soient situées à l’intérieur de la « Ligne Jaune ». Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, a affirmé que son pays ferait preuve de « bonne volonté » lors des discussions, soulignant que la mise en œuvre de l’accord-cadre est le seul moyen de progresser.
Donald Trump presse Benjamin Netanyahu de retirer ses forces du Liban
Tensions militaires et pressions diplomatiques

Le contraste entre le dialogue diplomatique à Rome et la situation sur le terrain demeure frappant. Alors que les négociations se poursuivent, l’agence nationale d’information a rapporté des opérations de dynamitage, de démolition et de ratissage dans plusieurs villages frontaliers. Mercredi matin, des explosions ont été enregistrées à Beit Yahoun dans le district de Bint Jbeil, ainsi que des opérations de déblaiement sur les routes menant à Maroun al-Ras. Des explosions ont également visé la ville d’Al-Qantara et l’est de la ville de Khiam, tandis que des tirs ont visé des habitants près de Majdal Zoun et Al-Mansouri.
Parallèlement, la pression internationale s’accentue. Selon le site Axios, le président Donald Trump a demandé au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, lors d’un appel téléphonique la semaine dernière, de commencer le redéploiement des forces israéliennes hors de Syrie et du Liban. Par ailleurs, une délégation militaire américaine a mené des discussions à Beyrouth avec le commandement de l’armée libanaise concernant les mécanismes de retrait.
Les responsables libanais évaluent la crédibilité du retrait des zones pilotes
Perspectives de sortie de crise
Malgré les incidents de terrain, les sources libanaises ont évoqué des « ambiances positives » et des progrès, tout en notant que des points de désaccord fondamentaux subsistent. Le succès de cette sixième ronde dépendra de la capacité des parties à s’entendre sur les zones pilotes, les responsables libanais considérant ce premier retrait comme un test de la crédibilité de l’accord.
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