Les cours du pétrole ont chuté ce vendredi 29 mai 2026, le baril de Brent atteignant 91,61 dollars, alors que les marchés attendent une décision finale du président américain Donald Trump concernant un éventuel accord avec l’Iran. Cette baisse, supérieure à 2 %, s’inscrit dans un recul mensuel marqué par les espoirs d’une désescalade diplomatique.
L’incertitude autour du détroit d’Ormuz et les exigences de Washington
Le marché pétrolier traverse une période de volatilité intense, dictée moins par les fondamentaux de l’offre et de la demande que par les développements géopolitiques au Moyen-Orient. Vendredi matin, le président Donald Trump a annoncé sur les réseaux sociaux qu’il s’apprêtait à siéger dans la « Situation Room » de la Maison Blanche pour sceller une décision définitive sur le dossier iranien, selon des informations rapportées par CNBC. Cette annonce a immédiatement pesé sur les cours, le brut américain (WTI) perdant également plus de 2 % pour s’établir à 86,73 dollars le baril.
Les exigences posées par Washington pour parvenir à un accord sont strictes. Le président américain a formulé plusieurs conditions non négociables : l’Iran doit renoncer définitivement à l’arme nucléaire, permettre l’extraction et la destruction de l’uranium enrichi enfoui sous les décombres des infrastructures visées l’an dernier, et garantir une liberté de passage totale et non taxée à travers le détroit d’Ormuz. De plus, Téhéran devra procéder au déminage complet de cette voie maritime stratégique.
Analyse des marchés : entre crainte de pénurie et horizon technologique
Si le marché a reculé de plus de 17 % ce mois-ci, c’est en raison de l’optimisme suscité par l’ébauche d’une note d’entente de 60 jours visant à prolonger le cessez-le-feu. Cependant, les analystes restent prudents face à la fragilité de cet équilibre. Selon Capital Economics, même une réouverture effective du détroit ne garantit pas un retour immédiat des prix à leurs niveaux pré-conflit.
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« Les marchés pourraient surestimer la mesure dans laquelle les banques centrales doivent durcir leur politique monétaire en réponse à un nouveau choc énergétique.

Pour Javier de Berenguer, directeur des investissements chez Mapfre, l’attention des investisseurs est actuellement détournée par une autre priorité :
« Les marchés se concentrent actuellement moins sur les risques pétroliers que sur la peur de rater la vague de hausse des actions liées à l’intelligence artificielle.
Il souligne toutefois un point critique : si le conflit perdure au-delà de juillet ou août, les marchés passeront d’une tarification liée au risque pétrolier à une tarification liée au risque de rareté, un scénario qui pourrait précipiter l’économie mondiale vers la récession.
Le spectre de la crise énergétique et ses conséquences sectorielles
L’impact de ce conflit dépasse largement les seules fluctuations boursières. Hashim Akl, expert en énergie, note que le marché mondial vit dans un état de confusion totale, où les décisions politiques supplantent les fondamentaux classiques de l’offre et de la demande, comme rapporté par Youm7.

Les répercussions touchent des secteurs vitaux, y compris le domaine médical. L’expert souligne que la pénurie d’hélium, dont le Qatar est un fournisseur majeur (34 % du marché), entrave le fonctionnement des équipements d’imagerie par résonance magnétique (IRM). Cette intrication entre géopolitique et accès aux soins illustre la profondeur de la crise actuelle.
Alors que les négociations se poursuivent, la communauté financière observe une polarisation croissante. D’un côté, l’OPEP et certains fonds d’investissement estiment que les niveaux de prix actuels sont justifiés par le risque ; de l’autre, des institutions comme l’Agence internationale de l’énergie et JPMorgan anticipent une « surabondance pétrolière » à moyen terme, alimentée par la réduction des investissements dans le secteur depuis trois ans. La décision qui sortira de la Maison Blanche ce vendredi pourrait soit apaiser ces craintes, soit ouvrir une phase de volatilité encore plus profonde.
