Espagne : La position royale sur Gaza crée des tensions au sein du PP
Madrid – La position ferme du roi Philippe VI concernant le conflit israélo-palestinien, notamment sa condamnation de la situation à Gaza, provoque des dissensions croissantes au sein du Parti Populaire (PP), principal parti d’opposition espagnol.
Lors d’une récente visite en Égypte, le roi a dénoncé la “crise humanitaire insupportable” et les “innombrables victimes” de l’offensive israélienne à Gaza, appelant à la création d’un “État palestinien viable” incluant Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem, coexistant en paix et sécurité avec Israël. Cette prise de position,intervenue lors du 80e anniversaire de l’ONU et du 70e anniversaire de l’adhésion de l’Espagne à l’organisation,contraste avec la position plus prudente du chef du gouvernement,Pedro Sánchez.
La pression politique et l’opinion publique grandissante autour du drame humanitaire en Palestine ont poussé Alberto Núñez Feijóo, leader du PP, à envisager de soutenir la reconnaissance de l’État palestinien, à condition que le Hamas ne soit plus au pouvoir.
Cette situation intervient dans un contexte de tensions diplomatiques avec les États-Unis. Lors du sommet de l’OTAN, Sánchez a été le seul chef d’État à refuser de s’engager à atteindre le nouvel objectif de dépenses militaires de 5% du PIB, fixé par Donald trump. L’Espagne s’est engagée à maintenir ses dépenses à 2,1% de son PIB, ce qui a suscité l’ire de l’ancien président américain, qui a menacé de représailles commerciales.
La position du roi, en tant que chef d’État, est perçue comme une tentative de maintenir une ligne politique claire sur la question palestinienne, malgré les complexités géopolitiques et les pressions internationales.L’Espagne, historiquement attachée à la cause palestinienne, se retrouve ainsi au cœur d’un débat international sensible, où les enjeux humanitaires et politiques s’entremêlent.
Le conflit israélo-palestinien, marqué par des décennies de violence et d’occupation, reste l’une des crises les plus persistantes au Moyen-Orient. La question de la création d’un État palestinien indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, est au cœur des négociations de paix, mais reste bloquée par des désaccords profonds sur les frontières, les colonies israéliennes et le statut des réfugiés palestiniens. La situation actuelle à Gaza, avec un bilan humain catastrophique, met en lumière l’urgence de trouver une solution durable à ce conflit.
