IAEA Exprime son Inquiétude Face à une Possible Libération Radiologique en Iran
VIENNE – Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré lundi qu’il n’y avait pour l’instant aucune indication que les installations nucléaires iraniennes aient été endommagées par les frappes américano-israéliennes en cours. Cependant, il a averti qu’une "libération radiologique possible avec des conséquences graves" ne pouvait être exclue tant que des missiles continuaient de voler, qualifiant la situation au Moyen-Orient de "très préoccupante".
S’exprimant lors d’une session à huis clos du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, Grossi a souligné que l’Iran, ainsi que d’autres pays de la région, disposent de centrales nucléaires, de réacteurs de recherche et de sites de stockage de combustible, ce qui augmente la menace pour la sûreté nucléaire. Il a ajouté qu’il ne pouvait être exclu qu’une libération radiologique nécessite l’évacuation de zones aussi vastes, voire plus vastes, que les grandes villes.
"Je réitère mon appel à toutes les parties pour qu’elles fassent preuve du plus grand sang-froid afin d’éviter une nouvelle escalade", a déclaré Grossi dans un communiqué publié par l’AIEA. L’agence tente de contacter les autorités iraniennes de réglementation nucléaire, mais n’a reçu aucune réponse jusqu’à présent.
L’inquiétude de l’AIEA intervient alors que l’Iran conserve une importante réserve d’uranium enrichi. Un rapport récent de l’agence, datant de quelques jours, indique que le pays possède encore environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % de pureté – un pas technique court vers le niveau requis pour les armes nucléaires – malgré les frappes américaines de juin dernier.
Selon les déclarations de Grossi du 19 février, "la majeure partie du matériel qu’Iran avait accumulé jusqu’en juin dernier, malgré les bombardements et les attaques [américains], est toujours là, en grande quantité, à l’endroit où il se trouvait au moment des frappes. Une partie de celui-ci peut être moins accessible, mais le matériel est toujours là."
Grossi a appelé lundi à la reprise "aussi rapidement que possible" des négociations diplomatiques.
L’AIEA suit de près la situation et continue d’évaluer les risques pour la sûreté nucléaire dans la région. La déclaration de Grossi souligne l’importance cruciale de la diplomatie et de la retenue pour éviter une escalade potentiellement catastrophique.
CBS/AFP
