L’ancien PDG de Goldman Sachs anticipe une fin rapide au conflit iranien, malgré les tensions croissantes
NEW YORK (AP) – L’ancien PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a exprimé son opinion selon laquelle la pression exercée par le conflit actuel au Moyen-Orient pourrait conduire à une résolution rapide, malgré l’escalade des hostilités ce week-end. Dans une interview accordée à CNBC mardi, Blankfein a souligné que la situation est "impossible à vivre" et préjudiciable à toutes les parties concernées, y compris les États-Unis, leurs alliés et même leurs adversaires.
Blankfein, qui a dirigé la banque d’investissement de 2006 à 2018 et l’a menée à travers la crise financière de 2008, s’est montré plus loquace sur les questions géopolitiques qu’à l’accoutumée, notamment à l’occasion de la promotion de ses mémoires, Streetwise: Getting to and Through Goldman Sachs, publiées début mars.
Le conflit s’est intensifié avec l’augmentation des frappes américaines et israéliennes sur l’Iran, ainsi que les représailles iraniennes contre des bases militaires américaines en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar. L’Iran a également nommé Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême, suite au décès de son père, Ali Hosseini Khamenei, lors d’une frappe américaine.
Le président Donald Trump a déclaré lundi que la guerre serait "bientôt terminée", tout en ajoutant que les États-Unis pourraient "aller plus loin". Ses commentaires ont initialement entraîné une hausse des marchés boursiers, mais le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth a ensuite affirmé que les États-Unis "ne reculeront pas tant que l’ennemi ne sera pas totalement et définitivement vaincu".
L’impact économique du conflit s’est déjà fait sentir. Les prix du pétrole ont grimpé jusqu’à 117 dollars le baril lundi avant de refluer suite aux déclarations de Trump. Le prix moyen de l’essence a augmenté de 20,4 % en 17 jours, passant de 2,93 à 3,53 dollars le gallon, selon l’AAA.
Blankfein a nuancé son optimisme, soulignant que si le conflit s’éternisait, les conséquences pourraient être plus graves. Il a notamment évoqué le risque de fermeture du détroit d’Ormuz, une voie maritime cruciale pour l’approvisionnement mondial en énergie, ce qui pourrait entraîner une flambée des prix du pétrole et une nouvelle vague d’inflation.
"Si le détroit d’Ormuz était fermé, les prix du pétrole resteraient élevés, ce qui alimenterait l’inflation et créerait d’autres perturbations", a-t-il déclaré à PBS News Hour.
Cependant, Blankfein a minimisé la possibilité d’une escalade plus large, estimant que la région n’est pas un acteur majeur de l’économie mondiale, à l’exception de son rôle dans l’approvisionnement énergétique.
Ce commentaire franc de Blankfein sur la situation en Iran marque un changement de ton par rapport à son approche plus réservée lorsqu’il était PDG de Goldman Sachs. Il a rarement commenté publiquement les conflits internationaux pendant son mandat, qui a englobé des événements tels que la guerre en Irak et l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014.
