La guerre en Iran menace de faire grimper les prix à l’étalage, la chaîne d’approvisionnement mondiale sous tension
WASHINGTON – La guerre en Iran perturbe de plus en plus la chaîne d’approvisionnement mondiale, menaçant de faire grimper les prix pour les consommateurs et de peser sur la croissance économique. La fermeture effective du détroit d’Ormuz par l’Iran, voie maritime cruciale pour le transport du pétrole et d’autres marchandises, est au cœur des préoccupations.
Le détroit d’Ormuz, point de passage vital pour des millions de barils de pétrole chaque jour, est dominé par les pétroliers et les transporteurs de gaz naturel liquéfié. Sa perturbation affecte directement l’approvisionnement énergétique mondial, selon des experts. La situation s’est aggravée avec les déclarations du nouveau dirigeant suprême iranien, Mojtaba Khamenei, qui a appelé à la poursuite de la fermeture du détroit comme "outil de pression contre l’ennemi".
L’impact se fait déjà sentir sur divers secteurs, allant des engrais aux métaux, en passant par le carburant et les billets d’avion. Les perturbations logistiques s’ajoutent aux difficultés rencontrées par les détaillants, qui peinent à maintenir leurs marges dans un contexte d’inflation persistante.
"Les détaillants ont amélioré leur flexibilité en matière de chaînes d’approvisionnement, notamment grâce aux ajustements apportés l’année dernière en raison des droits de douane", explique Max Kahn, président de Coresight Research. "Le véritable problème serait une prolongation de cette situation."
Les épiceries pourraient être les premières touchées, car les produits alimentaires ont généralement des chaînes d’approvisionnement moins flexibles. Les détaillants de vêtements pourraient avoir plus de marge de manœuvre pour ralentir la production et reconstituer leurs stocks ultérieurement, mais cela n’est pas sans risque.
Les analystes de Wolfe Research soulignent que les détaillants proposant des produits non essentiels, comme Five Below et Target, pourraient être particulièrement vulnérables à la baisse de la confiance des consommateurs. À l’inverse, les détaillants ciblant les consommateurs aisés ou proposant des offres spécialisées, comme Costco, pourraient mieux résister à la crise.
L’augmentation des prix du pétrole pèse également sur le pouvoir d’achat des ménages, ce qui pourrait entraîner une réduction des dépenses discrétionnaires. Les analystes d’UBS estiment que cette situation pourrait créer un "frein persistant à la santé des consommateurs".
Certains détaillants pourraient toutefois bénéficier de la situation. Les chaînes de magasins à bas prix, comme Walmart, Kroger, Dollar General et Dollar Tree, pourraient attirer davantage de clients à la recherche d’alternatives abordables. Ulta et Costco pourraient également voir leurs ventes augmenter, car les consommateurs privilégient les offres avantageuses.
La situation est d’autant plus préoccupante que la croissance du secteur de la vente au détail est déjà "mitigée", selon Kahn. L’incertitude géopolitique pourrait donc avoir des répercussions sur la croissance du PIB.
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a minimisé les inquiétudes concernant le détroit d’Ormuz, affirmant que les États-Unis "gèrent la situation" et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Cependant, les experts restent prudents et soulignent la nécessité d’une surveillance étroite de l’évolution de la situation.
Les perturbations ne se limitent pas au transport maritime. Des envois de vêtements pour Zara ont été bloqués la semaine dernière en raison de l’annulation de vols au Moyen-Orient, selon Reuters.
L’impact de la guerre en Iran sur l’économie mondiale est donc multiple et complexe. Les consommateurs devront probablement se préparer à des prix plus élevés et à une offre potentiellement réduite de certains produits. Les détaillants, quant à eux, devront faire preuve de résilience et d’adaptabilité pour faire face à cette nouvelle crise.
