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Niger : Coris Bank co-arrange un financement de 288 millions $ auprès d’Afreximbank

L’État du Niger a finalisé le 10 juin 2026 un financement structuré de 250 millions d’euros, soit environ 164 milliards de FCFA, octroyé par la Banque africaine d’import-export (Afreximbank). Cette opération, co-arrangée par le cabinet Nab Consulting et Coris Bank Niger, vise à soutenir le programme de relance économique du pays et diversifier ses sources de liquidités souveraines.

Un montage financier au service de la souveraineté nigérienne

Le Niger, sous la direction du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) depuis juillet 2023, cherche activement à consolider son assise budgétaire. Ce financement de 250 millions d’euros, annoncé le 10 juin 2026, intervient dans un contexte où le pays doit répondre à des besoins cruciaux en matière d’infrastructures, de défense et de fonctionnement courant, selon Africtelegraph.

Contrairement aux émissions obligataires classiques, ce véhicule repose sur une structure de financement adossée à des recettes futures. Le Trésor nigérien sécurise ainsi les fonds en s’appuyant sur des flux d’exportation identifiés, notamment les revenus issus de l’uranium et l’exploitation pétrolière via le pipeline reliant Agadem au port de Sèmè, au Bénin. Ce mécanisme, couramment utilisé dans le financement du commerce international (trade finance), permet aux États de mobiliser des capitaux en mettant en gage des actifs souverains productifs, offrant ainsi aux prêteurs une garantie de remboursement liée à la performance des secteurs extractifs.

Le rôle stratégique des arrangeurs régionaux

L’opération souligne la montée en puissance de l’ingénierie financière africaine. Nab Consulting, dirigé par le Dr Ismael Kamara, expert financier avec plus de 26 années d’expérience, a agi en tant que chef de file aux côtés de Coris Bank Niger, filiale du groupe burkinabè Coris Bank International. L’implication de Coris Bank, institution bancaire d’origine burkinabè devenue un acteur majeur dans l’espace UEMOA, illustre le renforcement de l’intégration financière régionale.

Selon FratMat, cette collaboration a permis de structurer une transaction robuste en identifiant des flux de recettes d’exportation sécurisés pour Afreximbank. Le Dr Ismael Kamara a qualifié cette réussite d’étape marquante pour la capacité des États africains à mobiliser des financements structurés fondés sur des mécanismes de garantie crédibles. Ce type de montage financier complexe nécessite une coordination étroite entre les autorités monétaires, les ministères de tutelle et les institutions financières internationales pour assurer la conformité aux standards de gestion de la dette publique.

Afreximbank : un soutien face aux chocs géopolitiques

L’engagement d’Afreximbank confirme la stratégie de l’institution panafricaine, basée au Caire, de soutenir les économies fragilisées par les tensions géopolitiques, là où les bailleurs occidentaux ont fait preuve d’une prudence accrue. Pour Niamey, ce soutien financier est vital. Comme le rapporte Financial Afrik, l’opération a été menée via le ministère nigérien de l’Économie et des Finances pour soutenir des secteurs clés tels que l’agriculture, l’énergie et la santé.

Afreximbank, dans le cadre de sa mission institutionnelle, intervient régulièrement pour pallier les déficits de liquidités en devises étrangères dans les pays membres. La banque joue ici son rôle de prêteur de dernier ressort pour les États africains confrontés à des restrictions d’accès aux marchés financiers internationaux classiques ou aux programmes de financement bilatéraux traditionnels.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Maman Laouali Abdou Rafa, a salué cette finalisation :

“La finalisation de cette facilité de 250 millions d’euros constitue une étape importante dans la mobilisation de ressources au service du programme de relance économique du Niger. Elle traduit la capacité de l’État à travailler avec des partenaires financiers crédibles pour soutenir des secteurs stratégiques de développement, dans un cadre structuré et conforme aux priorités nationales.” — Maman Laouali Abdou Rafa, ministre de l’Économie et des Finances, via FratMat

Implications pour le tissu économique national

Au-delà de l’enveloppe globale, l’impact se veut structurel. Les fonds doivent irriguer le tissu économique national, avec un accent particulier sur les petites et moyennes entreprises (PME) et les petites et moyennes industries (PMI). Ces entités, souvent confrontées à des difficultés d’accès au crédit bancaire, sont considérées comme les principaux moteurs de la croissance inclusive au Niger.

Pour les observateurs financiers, cette levée de fonds envoie un signal fort aux marchés sur la solvabilité du Niger, malgré les défis diplomatiques récents. En sécurisant ce montage, Niamey démontre une capacité à attirer des capitaux en dehors des circuits concessionnels traditionnels, consolidant ainsi une autonomie financière jugée nécessaire pour la poursuite de ses projets de développement nationaux. Le recours à des structures de financement adossées aux revenus des matières premières est une pratique qui, bien que rigoureuse, permet au pays de maintenir ses engagements financiers tout en poursuivant ses objectifs de souveraineté économique, un pilier central des orientations politiques actuelles du CNSP.

La réussite de ce financement pourrait servir de modèle pour d’autres États de la sous-région sahélienne, confrontés à des contraintes budgétaires similaires. La capacité à mobiliser des fonds auprès d’institutions comme Afreximbank, grâce à une ingénierie financière adaptée, souligne l’importance croissante des partenariats Sud-Sud dans la restructuration du paysage économique africain post-2023.

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