Un incendie majeur ravage la forêt de Fontainebleau depuis dimanche, parcourant 1 900 hectares. Pour la première fois en Île-de-France, des Canadair ont été déployés pour appuyer les 600 pompiers mobilisés. Les autorités, qui évoquent une origine potentiellement criminelle, ont placé deux personnes en garde à vue ce lundi.
Une intervention aérienne inédite en région parisienne
L’ampleur du sinistre a contraint les autorités à déployer des moyens exceptionnels. Comme le rapporte Franceinfo, l’usage de bombardiers d’eau au-dessus du massif forestier constitue une première historique pour la région Île-de-France. Deux Canadair, opérant depuis la Seine entre Chartrettes et Bois-le-Roi, larguent 6 000 litres d’eau toutes les deux minutes pour tenter de freiner la progression des flammes.

Le dispositif aérien est complété par deux avions Dash, utilisés pour répandre des produits retardants, ainsi que trois hélicoptères bombardiers d’eau. Selon le bilan communiqué ce lundi 13 juillet, l’incendie a déjà parcouru 1 900 hectares sur les 25 000 que compte le massif, dont une grande majorité est gérée par l’Office national des forêts (ONF).
La piste criminelle au cœur de l’enquête
La multiplication suspecte des départs de feu a rapidement orienté les investigations vers une origine volontaire. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé que le sinistre pourrait être d’origine criminelle, notant la découverte d’une dizaine de départs de feu dans un périmètre restreint de 1 000 mètres. Cette thèse est sérieusement évoquée par les autorités, et deux individus ont été placés en garde à vue en lien avec le deuxième foyer identifié ce lundi.
La lutte pied-à-pied des secours
Sur le terrain, 600 sapeurs-pompiers restent mobilisés pour contenir le feu. Le commandant des opérations de secours, Jean-Marc Sicard, a décrit des conditions d’intervention particulièrement complexes en raison de la topographie et de l’accès difficile au massif.

“On n’est pas dans un feu hors de contrôle ou hors norme, mais il nous pose des problèmes d’accès essentiellement. On est obligé de lutter pied-à-pied à partir d’un environnement qui nous contraint et ne nous facilite pas la tâche.”
Jean-Marc Sicard, commandant des opérations de secours
Si les prévisions météorologiques ne sont pas optimales, les secours espèrent une légère accalmie. L’objectif immédiat reste la sécurisation des zones habitées, ayant déjà conduit à l’évacuation du camping La Musardière à Milly-la-Forêt et de plus de 150 chevaux au Grand Parquet de Fontainebleau. Les autorités rappellent que la forêt est un espace fragile, classé “réserve de biosphère” par l’Unesco, et demandent formellement au public d’éviter le secteur.
Une perspective de lutte prolongée
Le maire de Fontainebleau, Julien Gondard, a exprimé sa “sidération” face à la rapidité de propagation du feu, qui a débuté dimanche en fin d’après-midi près de l’autoroute A6. Alors que le commandant Sicard préfère, ce lundi soir, ne pas s’avancer sur une date de fin d’intervention, les experts des pompiers préviennent que la lutte contre ce sinistre pourrait durer une semaine, voire dix jours.
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