Netanyahu admet l’échec des frappes aériennes contre l’Iran, l’avenir de la guerre s’assombrit
TÉhéran/Washington – Après trois semaines de bombardements intenses, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a reconnu publiquement l’incapacité de déstabiliser le régime iranien par des frappes aériennes, une admission qui souligne l’impasse croissante dans le conflit. Cette reconnaissance, bien que tardive, ne suffit pas, selon des observateurs, qui doutent également de la capacité d’Israël à stopper les tirs de missiles et de drones iraniens contre Israël et les pays du Golfe soutenant les opérations américaines en Iran.
L’aveu intervient après une escalade des tensions, notamment une attaque israélienne contre les installations gazières de South Pars, suivie d’une riposte iranienne ciblant une installation qatarie partagée avec l’Iran. L’incident a poussé l’administration américaine, sous la pression de l’opinion publique, à prendre ses distances, Donald Trump niant toute connaissance des attaques contre les intérêts économiques iraniens.
La situation rappelle la guerre en Ukraine, où, malgré quatre ans de bombardements russes contre son "complexe militaro-industriel", la production de drones et de missiles ukrainiens n’a cessé d’augmenter. Bien qu’Israël, avec le soutien financier et politique des États-Unis, puisse mener des attaques plus efficaces, la capacité de l’Iran à produire des armes, même à partir de bases improvisées, pose un défi majeur. La question se pose : combien de "souterrains" l’Iran compte-t-il, et combien Israël peut-il détruire sans provoquer un tollé au sein de l’opinion publique américaine ?
Netanyahu a évoqué l’utilisation de forces terrestres, suggérant des opérations spéciales similaires à la capture de Maduro au Venezuela. Si ces opérations peuvent avoir un impact tactique, leur effet stratégique serait limité, l’Iran étant bien plus qu’un simple "Venezuela", selon des analystes. Une invasion à grande échelle est jugée irréaliste, Israël ne pouvant agir seul et ne souhaitant pas non plus s’engager dans un conflit terrestre prolongé.
L’armée israélienne, malgré sa puissance, n’a pas réussi à désarmer le Hamas ou le Hezbollah, des adversaires bien moins importants que l’Iran. La situation actuelle appelle à une réévaluation de la stratégie, avec un besoin urgent de prioriser les intérêts américains et de reconnaître les limites de la puissance militaire.
Une négociation directe entre Washington et Téhéran semble improbable, étant perçue comme une défaite politique pour les deux parties. Cependant, une sortie de crise similaire à celle de la guerre des Douze Jours, permettant à chacun de sauver la face, reste une possibilité. Cette issue pourrait ouvrir la voie à de futures négociations dans un contexte plus favorable.
Il est à espérer que les leçons tirées de ce conflit, notamment l’importance de reconnaître les limites de la puissance militaire, inciteront toutes les parties à explorer des solutions diplomatiques. L’avenir de la région en dépend.
