Jaminton Campaz visé par des menaces de mort après l’élimination de la Colombie
Le joueur de l’équipe nationale de Colombie, Jaminton Campaz, fait l’objet de menaces de mort visant lui-même ainsi que ses proches, à la suite de l’élimination de son équipe lors des huitièmes de finale de la Coupe du monde face à la Suisse. Le joueur a exprimé sa crainte de retourner à Bogota, la capitale colombienne, en raison de l’hostilité manifestée par certains supporters.
Le contexte sportif de l’élimination
La rencontre, qui s’est tenue à Vancouver, s’est soldée par un score nul et vierge après 120 minutes de jeu. Lors de la séance de tirs au but, la Suisse s’est imposée 4-3. Si Jaminton Campaz a réussi son propre tir, le sort de l’équipe a basculé après l’échec de Davinson Sánchez, dont le ballon a heurté la barre transversale, et celui de Juan Camilo Hernández, dont la tentative a été arrêtée par le gardien suisse.

La polémique se cristallise autour d’une action survenue à la 115e minute. Entré en jeu à la 66e minute, l’attaquant s’est retrouvé face au gardien suisse après une erreur du capitaine Granit Xhaka, mais a envoyé le ballon au-dessus du but. Malgré la réussite de son tir au but, cette occasion manquée a conduit une partie du public à le rendre responsable de l’élimination de la sélection.
Réaction du joueur face à la haine en ligne
Face à la gravité des menaces reçues sur les réseaux sociaux, Campaz a choisi de s’adresser publiquement à ses détracteurs via Instagram. Dans son message, le joueur, qui évolue à Rosario, a rappelé que représenter son pays était un rêve d’enfant. Il a exprimé sa profonde tristesse face à l’élimination et a souligné son engagement total sur le terrain.

« Nous pouvons penser différemment, ressentir de la frustration ou de la tristesse, mais aucune passion ne justifie la haine et le fait de vivre dans la peur », a écrit le joueur. Il a également insisté sur l’importance du respect, rappelant qu’il a tout donné pour le maillot national et qu’il partage la douleur des millions de Colombiens déçus par ce résultat.
L’intervention de la Fédération colombienne de football
La Fédération colombienne de football a officiellement pris position face à ces événements vendredi. Dans un communiqué, l’instance a fermement condamné l’hostilité et les menaces visant le joueur et sa famille. « Aucun sportif ou membre de sa famille ne devrait être exposé à l’intimidation parce qu’il représente son pays sur la scène sportive », a déclaré la Fédération, ajoutant que le football doit être un espace d’unité, de respect et d’espoir, et non de violence.

La Fédération a par ailleurs appelé le bureau du procureur général du pays à accélérer les enquêtes nécessaires pour identifier les auteurs des menaces.
Le spectre d’un passé tragique
Cette situation ravive des souvenirs douloureux dans l’histoire du football colombien. Les menaces actuelles rappellent le contexte entourant la Coupe du monde 1994 aux États-Unis. Lors de cette compétition, le joueur colombien Andrés Escobar avait marqué un but contre son camp lors d’un match contre le pays hôte. Quelques jours après le retour de l’équipe en Colombie, Escobar avait été abattu de six balles dans un parking à Medellín, l’agresseur ayant crié « But ! » au moment du meurtre.
Le climat actuel, marqué par la peur de Campaz de rentrer chez lui, souligne la persistance de cette tension extrême qui entoure les performances de la sélection nationale, trente-deux ans après le drame qui a marqué le sport colombien.
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