Croatie : Un taux de propriétaires de résidences secondaires parmi les plus élevés d’Europe, mais à quel prix ?
Zagreb, Croatie – La Croatie se positionne sur le podium européen des pays où la propriété de résidences secondaires est la plus répandue, selon un nouveau rapport RE/MAX. 37% de la population croate possède plus d’un bien immobilier, un chiffre dépassé uniquement par la Bulgarie (46%) et la Grèce (39%). Cette situation, bien que témoignant d’une certaine prospérité, soulève des questions cruciales quant à son impact sur le marché immobilier et les communautés locales.
Si l’acquisition de résidences secondaires est souvent perçue comme un investissement judicieux, une retraite paisible ou une future résidence à la retraite, les critiques pointent du doigt les conséquences négatives de ce phénomène.L’augmentation artificielle des prix de l’immobilier, la diminution de l’offre de logements disponibles pour les résidents permanents et la perturbation du tissu social local sont autant de préoccupations soulevées.
Le ministre de la Construction croate, Branko Bačić, a récemment mis en lumière un problème majeur : l’existence d’environ 600 000 appartements vides à travers le pays. Ce parc immobilier inoccupé exerce une pression considérable sur le marché, contribuant à la flambée des prix et rendant l’accès au logement de plus en plus difficile pour une partie de la population.
Cette situation n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une tendance européenne plus large, marquée par la hausse des coûts immobiliers et les effets néfastes du surtourisme. Des villes comme Barcelone ont déjà pris des mesures drastiques, interdisant les locations à court terme, tandis que la Croatie étudie actuellement des solutions pour favoriser le développement de logements abordables.
Un phénomène structurel et ses implications à long terme
La prolifération des résidences secondaires est souvent liée à des facteurs économiques et sociaux profonds. L’attrait de la Croatie pour les investisseurs étrangers, son climat méditerranéen agréable et son littoral préservé en font une destination privilégiée pour l’acquisition de biens immobiliers. Cependant, cette demande accrue, si elle n’est pas encadrée, risque d’exacerber les inégalités et de transformer des communautés autrefois dynamiques en zones résidentielles fantômes, vidées de leur substance.
La question de la taxation des résidences secondaires est également au cœur des débats. Certains experts estiment qu’une fiscalité plus élevée pourrait inciter les propriétaires à mettre leurs biens sur le marché, augmentant ainsi l’offre et contribuant à stabiliser les prix.D’autres préconisent des mesures incitatives pour encourager la location à long terme, permettant aux résidents locaux de bénéficier de ces biens inoccupés.
L’avenir du marché immobilier croate dépendra de la capacité du gouvernement à trouver un équilibre entre l’attractivité du pays pour les investisseurs et la nécessité de garantir un accès au logement abordable pour tous. La Croatie, comme d’autres destinations européennes prisées, est confrontée à un défi majeur : préserver son identité et son attractivité tout en assurant un développement durable et inclusif.
