Il y a 66 millions d’années, un astéroïde d’environ 10 kilomètres de diamètre a percuté le site de Chicxulub, au Mexique, provoquant l’extinction massive des dinosaures non-aviens. Une étude récente suggère que cet impacteur provenait des confins du système solaire, au-delà de l’orbite de Jupiter.
L’origine lointaine de l’impacteur de Chicxulub
Pendant des décennies, la provenance exacte du tueur de dinosaures
est restée l’une des énigmes les plus tenaces de la paléontologie. Si l’impact de Chicxulub est reconnu comme la cause majeure de la disparition des dinosaures non-aviens à la fin du Crétacé, les chercheurs n’avaient jamais pu identifier précisément le corps céleste impliqué. Une étude semble avoir résolu ce mystère.

L’équipe a examiné les signatures chimiques présentes dans la couche géologique déposée à la limite Crétacé-Paléogène, riche en métaux comme l’iridium et le ruthénium. En analysant les isotopes du ruthénium, les scientifiques ont pu retracer le chemin de l’astéroïde. Leurs résultats indiquent que l’objet ne provenait pas de la ceinture d’astéroïdes interne, mais des régions externes du système solaire, au-delà de l’orbite de Jupiter, comme le rapporte Pour la Science.
Le cratère de Chicxulub : une cicatrice de 180 km
La découverte du cratère, enfoui sous la péninsule du Yucatán, a marqué un tournant décisif dans la compréhension de l’événement. Le cratère de Chicxulub mesure environ 180 kilomètres de diamètre. L’astéroïde, d’une taille comparable à Paris intra-muros, aurait percuté la Terre à une vitesse dépassant les 70 000 km/h.

Le choc a provoqué une vaporisation de l’astéroïde et des roches environnantes, éjectant du soufre, de la suie et des poussières dans l’atmosphère. Ce phénomène a partiellement bloqué le Soleil partout sur la planète, entraînant une baisse des températures et, par conséquent, la mort de deux tiers des espèces animales.
Le débat sur le volcanisme
Malgré la solidité de la piste cosmique, certains chercheurs ont soutenu qu’un volcanisme majeur avait joué un rôle dans l’extinction. Aujourd’hui, la chute d’un astéroïde et un volcanisme majeur sont deux scénarios privilégiés qui peuvent être complémentaires.

L’hypothèse d’un second impacteur : le cratère Nadir
La complexité de la fin du Crétacé s’est accrue avec la découverte potentielle d’un second impact. Des chercheurs, dont Uisdean Nicholson de l’Heriot-Watt University, ont identifié au large de l’Afrique une structure elliptique nommée cratère Nadir. Mesurant environ 10 kilomètres de diamètre, cette dépression se serait formée à une période géologique très proche de celle de Chicxulub.
“Le cratère est très frappant”, a confirmé Uisdean Nicholson au site Live Science. “Il ne ressemble à rien de ce que j’ai vu auparavant”.
Uisdean Nicholson, géologue à l’Heriot-Watt University
Si l’origine exacte reste à confirmer, cette découverte souligne que le cataclysme ayant mis fin au règne des dinosaures pourrait avoir été un événement multiple et encore plus complexe que ce qu’indiquaient les modèles initiaux.
