Tensions s’apaisent au Moyen-Orient : Trump annonce des négociations avec l’Iran, malgré de nouvelles violences
WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a annoncé mardi des négociations en cours avec l’Iran, signalant un possible dénouement à près d’un mois de conflit. Cette annonce intervient alors que Téhéran a déclaré qu’il autoriserait le passage de navires pétroliers "non hostiles" dans le détroit d’Ormuz, voie maritime cruciale pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Malgré ces signes encourageants, la région reste en proie à la violence. Un missile iranien a causé des blessures en Israël, qui a répliqué en intensifiant ses frappes sur plusieurs fronts et en menaçant de prendre le contrôle d’une portion du sud du Liban.
Trump, dont les déclarations ont oscillé entre menaces de frappes massives et affirmations d’une guerre presque terminée, a affirmé que les États-Unis étaient "en négociations" avec l’Iran, sans que Téhéran n’ait confirmé ces discussions. Il a évoqué un "présent" reçu de l’Iran, lié au détroit d’Ormuz, qui, selon lui, témoigne de la bonne foi des négociateurs iraniens.
L’Iran a assuré, via l’Organisation maritime internationale, la sécurité du passage pour les navires "non hostiles" dans le détroit d’Ormuz, qui assure le transit de 20% du pétrole mondial.
Un nouveau plan nucléaire en discussion ?
Trump avait précédemment menacé de "détruire" les infrastructures énergétiques iraniennes si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert. Il a finalement prolongé son ultimatum de cinq jours, invoquant des progrès diplomatiques. Le Premier ministre pakistanais s’est proposé d’accueillir des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran, avec la participation de hauts responsables américains, dont le vice-président JD Vance.
Selon Trump, le point central des négociations est l’empêchement de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Un plan en 15 points aurait été transmis à Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan, selon le New York Times. Ce plan inclurait la remise par l’Iran de son uranium enrichi, l’interdiction de tout enrichissement futur et la garantie d’un passage sûr dans le détroit d’Ormuz.
En contrepartie, l’Iran obtiendrait la levée de toutes les sanctions internationales et une assistance pour le développement de son énergie nucléaire civile à Bushehr.
Téhéran a accusé Israël d’avoir mené une seconde frappe sur le site de Bushehr, situé à proximité de zones habitées.
Déploiement de troupes américaines et escalade au Liban
Malgré les espoirs de diplomatie, le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis prévoient d’envoyer 3 000 soldats de la 82e division aéroportée au Moyen-Orient.
Les négociations américaines pour un accord nucléaire avec l’Iran étaient en cours juste avant l’attaque du 28 février qui a coûté la vie au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Les missiles iraniens ont démontré une efficacité croissante pour pénétrer les défenses israéliennes, causant des dégâts importants dans la ville de Tel Aviv. Mardi, plus d’une douzaine de personnes ont été blessées en Israël, dont un nourrisson.
Israël a mené une "large vague" de frappes aériennes sur le territoire iranien et a intensifié sa campagne contre le Hezbollah au Liban, menaçant de prendre le contrôle du sud du Liban jusqu’au fleuve Litani.
Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a commencé à tirer des roquettes sur Israël le 2 mars, en représailles à l’assassinat de Khamenei. Le gouvernement libanais a annoncé qu’il ordonnait à l’ambassadeur iranien de quitter le pays d’ici dimanche, l’accusant d’ingérence et de commandement des opérations du Hezbollah.
Plusieurs pays du Golfe, dont Bahreïn, le Koweït, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite, ont également annoncé avoir intercepté des attaques de drones et de missiles.
Les prix du pétrole, qui avaient baissé après l’annonce des pourparlers, ont légèrement rebondi mardi, avec le Brent repassant au-dessus de 100 dollars le baril.
